La province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo, est une fois de plus plongée dans le deuil suite à une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Entre le 3 et le 4 avril, huit personnes ont perdu la vie dans des circonstances particulièrement atroces, dont trois ont été décapitées à la machette. Ces attaques ont eu lieu sur les collines de Tukpalele et Abulembi, qui surplombent le village d’Idohu dans le territoire d’Irumu.
Selon des sources militaires et locales, les victimes étaient des civils travaillant paisiblement dans leurs champs. Ces agriculteurs, parmi lesquels figuraient des femmes, ont été pris au dépourvu dans une zone agricole pourtant fréquentée, située non loin de la rivière Ituri, un endroit où les rebelles ont élu domicile. Comment de telles atrocités peuvent-elles encore se produire en 2024, malgré les multiples opérations militaires menées dans la région ?
Les témoignages recueillis sur place sont glaçants. Les trois corps décapités ont été récupérés vendredi 4 avril à Tikwabalele, tandis que cinq autres corps restent non récupérés à Abulembi. Les familles des victimes sont plongées dans une angoisse indescriptible, cherchant activement leurs proches disparus. Cette situation dramatique soulève des questions cruciales sur l’efficacité des mesures de sécurité dans cette partie de la RDC.
Face à cette recrudescence de violence, la société civile locale monte au créneau. Elle exige l’installation urgente de positions militaires supplémentaires pour sécuriser la région. Ces demandes interviennent alors que les opérations conjointes entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) se poursuivent depuis plusieurs mois. Pourquoi ces efforts ne parviennent-ils pas à protéger efficacement les populations civiles ?
Cette nouvelle tragédie vient rappeler la vulnérabilité persistante des communautés rurales de l’Ituri face aux groupes armés. Les ADF, originaires à l’origine d’Ouganda, continuent de semer la terreur dans l’est de la RDC malgré les déclarations répétées des autorités sur leur éradication. Les derniers événements montrent que le calvaire des populations locales est loin d’être terminé.
Alors que les actualités RDC se font régulièrement l’écho de ces violences, la communauté internationale semble rester sourde aux cris de détresse des Congolais. Entre les discours politiques et la réalité sur le terrain, le fossé ne cesse de se creuser. Combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant que des solutions durables ne soient mises en œuvre ?
Cette attaque soulève également des questions sur la stratégie de sécurité dans la région. Malgré la présence des FARDC et des troupes ougandaises, les rebelles parviennent toujours à frapper impunément. Les populations locales, prises en étau entre différents groupes armés, paient le prix fort d’un conflit qui semble sans fin. Les dernières nouvelles RDC en provenance de l’Ituri ne font que confirmer cette triste réalité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net