La situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) reste au cœur des préoccupations régionales et internationales. Le président kényan William Ruto, actuellement à la tête de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), a récemment échangé avec le Secrétaire Général des Nations-Unies, António Guterres, pour faire le point sur les avancées enregistrées dans le processus de paix.
Lors de cet entretien téléphonique tenu jeudi 3 avril, le chef de l’État kényan a mis en lumière les résultats du sommet conjoint EAC-SADC organisé récemment. “Je l’ai informé de nos efforts en cours pour promouvoir la paix dans l’est de la RDC. J’ai souligné les résultats du récent sommet conjoint de l’EAC-SADC, qui s’appuyait sur des initiatives antérieures et a approuvé une feuille de route claire”, a-t-il déclaré sur son compte X.
Cette feuille de route, adoptée lors de la réunion ministérielle conjointe tenue à Harare le 17 mars dernier, détaille des actions immédiates, à moyen et à long terme pour résoudre le conflit qui oppose les Forces Armées de la RDC (FARDC) à la rébellion du M23, soutenue selon plusieurs sources par le Rwanda. La communauté internationale suit de près cette crise qui déstabilise toute la région des Grands Lacs.
Dans un élan de diplomatie proactive, William Ruto a plaidé pour un soutien accru des Nations-Unies aux efforts régionaux. “J’ai appelé l’ONU à soutenir les efforts conjoints de l’EAC et de la SADC dans la mise en œuvre de cette feuille de route”, a-t-il insisté, rappelant l’importance d’une collaboration étroite entre les instances internationales et les initiatives africaines.
Parallèlement, le processus de paix connaît des développements structurels significatifs. Le nombre de facilitateurs passe désormais de trois à cinq membres, avec une composition renouvelée intégrant notamment des femmes, comme l’avait demandé Kinshasa. La nouvelle équipe comprend d’éminentes personnalités africaines : Uhuru Kenyatta (Kenya), Sahle-Work Zewde (Éthiopie), Catherine Samba-Panza (République centrafricaine), Olusegun Obasanjo (Nigeria) et Kgalema Motlanthe (Afrique du Sud).
Cette restructuration s’inscrit dans le cadre de la fusion des processus de Luanda et de Nairobi, décidée lors du sommet de Dar es Salaam en février dernier. Les facilitateurs auront pour mission cruciale de coordonner les efforts diplomatiques et sécuritaires en vue d’établir un cessez-le-feu durable dans cette région en proie aux violences depuis près de trois décennies.
Alors que les tensions persistent et que les populations civiles paient un lourd tribut, la question centrale demeure : cette nouvelle dynamique régionale parviendra-t-elle enfin à apporter une solution pérenne à ce conflit complexe ? La réponse dépendra en grande partie de la coordination effective entre tous les acteurs impliqués et de la mise en œuvre rigoureuse de la feuille de route adoptée.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd