La cité de Walikale, dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC), est le théâtre d’une situation extrêmement tendue depuis jeudi matin. Des tirs nourris ont été signalés, plongeant la population dans une confusion totale. Selon des sources locales, les échanges de coups de feu se poursuivaient encore en fin de matinée, créant un climat de peur et d’incertitude.
Les éléments du groupe armé AFC/M23, habituellement visibles aux points d’entrée stratégiques de la cité, se sont volatilisés, laissant place à une présence accrue des Forces armées de la RDC (FARDC) et des miliciens Wazalendo. Malgré leur déploiement, la situation restait hors de contrôle vendredi midi, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. « On ne sait pas ce qui se passe exactement », a confié un habitant sous couvert d’anonymat, reflétant l’angoisse générale.
La violence a également touché des infrastructures humanitaires. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des tirs ont atteint la base de Médecins sans Frontières (MSF), une organisation médicale internationale présente dans la région pour assister les populations vulnérables. Bien que l’hôpital général de Walikale ait été épargné jusqu’à présent, plusieurs blessés par balle y ont été admis depuis jeudi soir, selon des sources médicales.
Le personnel de MSF, ainsi que plus de 700 personnes déplacées ayant trouvé refuge dans les locaux de l’hôpital général, sont actuellement bloqués sur place. Cette affluence soudaine exerce une pression considérable sur les ressources sanitaires déjà limitées, aggravant une situation humanitaire déjà précaire.
Cette escalade de violence intervient dans un contexte régional déjà marqué par des tensions persistantes entre groupes armés et forces gouvernementales. Le Nord-Kivu, région riche en ressources naturelles, est depuis des années le théâtre de conflits récurrents qui déstabilisent la population et entravent le développement économique de la RDC.
Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances exactes de ces événements. La communauté internationale, quant à elle, suit de près l’évolution de la situation, alors que les appels à une résolution pacifique des conflits dans l’Est de la RDC se multiplient.
Quelles seront les conséquences de cette nouvelle flambée de violence sur une population déjà éprouvée ? Comment les acteurs humanitaires vont-ils pouvoir continuer leurs missions dans un environnement aussi instable ? Autant de questions qui restent sans réponse pour l’instant, alors que Walikale retient son souffle.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd