La ministre congolaise des Droits Humains, Chantal Chambu, a lancé un appel pressant au Conseil des droits de l’homme de l’ONU lors d’une réunion tenue ce mardi 1er avril à Genève. Elle a sollicité un soutien accru pour la mission d’établissement des faits du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, afin de lutter contre l’impunité des crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cet appel intervient dans un contexte de détérioration alarmante de la situation sécuritaire et humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Dans l’Est de mon pays, la population civile vit dans l’angoisse et la peur au quotidien », a déclaré la ministre Chambu. Elle a insisté sur l’urgence de rendre cette mission « véritablement opérationnelle et efficace » pour soulager les populations locales, meurtries mais résilientes. Les chiffres communiqués par la première ministre Judith Suminwa illustrent cette crise : depuis janvier 2025, plus de 7.000 personnes ont été tuées et 90 sites d’accueil pour déplacés détruits rien que dans le Nord-Kivu.
Le gouvernement congolais a salué l’appel à contributions lancé par la mission du Haut-commissariat, encourageant les victimes à remplir les formulaires de dénonciation disponibles en ligne. Cette initiative vise à recueillir des preuves des violations massives des droits humains et du droit international humanitaire, y compris les violences sexuelles et basées sur le genre, particulièrement ciblées contre les femmes et les enfants.
La ministre Chambu a également appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts, se félicitant des sanctions déjà imposées contre le Rwanda par certains pays et organisations. Elle a toutefois exhorté à des actions plus concrètes pour mettre fin à l’occupation des territoires congolais par des groupes armés, notamment le M23, soutenu selon Kinshasa par Kigali.
Cette démarche s’inscrit dans la lignée de la résolution adoptée le 7 février dernier par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, créant une mission d’établissement des faits et une commission d’enquête indépendante sur les violations en RDC. La résolution exige le retrait immédiat du M23 des zones occupées et la cessation de tout soutien rwandais à ce mouvement.
Alors que la CPI a également lancé un appel à témoins, la mission onusienne représente un espoir pour des millions de Congolais victimes de deux décennies de conflits. Reste à savoir si la communauté internationale répondra à cet appel avec la fermeté requise pour enfin briser le cycle de violence dans cette région martyre.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd