Dans un revirement judiciaire marquant, trois condamnés à mort dans l’affaire du coup d’État avorté en République démocratique du Congo ont vu leur peine commuée en prison à perpétuité par une grâce présidentielle. L’ordonnance, lue dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 avril 2025 sur la télévision nationale, concerne Marcel Malanga Malu, Zalman Paulen Benjamin et Taylor Kristo Thomson, tous de nationalité américaine.
« Vu le recours en grâce formulé en faveur de l’intéressé par le ministère public, la commutation de la peine de mort en celle de servitude pénale de perpétuité est accordée à Monsieur Marcel Malanga Malu », a déclaré Mme Tina Salama, porte-parole de la présidence. La même mesure a été étendue à ses deux codétenus, Zalman Paulen Benjamin et Taylor Kristo Thomson, impliqués dans la même affaire référencée RPA 61824.
Ces individus avaient initialement été jugés par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, puis par la Cour militaire de Kinshasa-Gombe. Les charges retenues contre eux incluaient des accusations graves telles que terrorisme, détention illégale d’armes et munitions de guerre, tentative d’assassinat, association de malfaiteurs, meurtre et financement du terrorisme. Ces actes étaient liés à une tentative de coup d’État dans la nuit du 18 au 19 mai 2024.
L’opération, menée sous la direction de Christian Malanga, père de l’un des condamnés, visait des cibles stratégiques dont la résidence du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et le Palais de la Nation, siège de la présidence. L’intervention rapide des forces de l’ordre avait permis de maîtriser la situation, aboutissant à l’arrestation des principaux protagonistes et à la mort de leur chef, Christian Malanga, lors de l’affrontement.
Cette décision de grâce présidentielle intervient dans un contexte où la peine capitale, bien que toujours en vigueur en RDC, fait l’objet de débats croissants sur la scène internationale. Les observateurs s’interrogent sur les motivations derrière cette commutation : geste humanitaire, pression diplomatique ou considérations politiques ? Quoi qu’il en soit, cette affaire continue de captiver l’attention tant au niveau national qu’international, mettant en lumière les complexités du système judiciaire congolais et les enjeux sécuritaires auxquels le pays fait face.
Les condamnés purgeront désormais leur peine à perpétuité, marquant ainsi un épilogue judiciaire à l’une des affaires de sécurité les plus médiatisées de ces dernières années en RDC. Cette décision présidentielle clôt un chapitre tout en ouvrant des questions sur l’évolution du système pénal congolais et ses relations avec la communauté internationale en matière de droits humains.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net