Dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont annoncé dimanche leur intention de renforcer leur coopération économique. Cette initiative vise à créer un environnement commercial plus stable et prévisible pour leurs entreprises, tout en accélérant les négociations en vue d’un accord de libre-échange trilatéral. Une réunion ministérielle urgente s’est tenue à Séoul, marquant un rare moment de coordination entre ces trois puissances économiques asiatiques.
Les trois pays, dont les économies dépendent largement des exportations, cherchent à contrer les effets des mesures protectionnistes américaines. Les droits de douane imposés par l’administration Trump sur l’acier, l’aluminium et bientôt les automobiles représentent une menace directe pour leurs industries nationales. Le ministre sud-coréen de l’Industrie Ahn Duk-geun, son homologue japonais Yoji Muto et le ministre chinois du Commerce Wang Wentao ont souligné la nécessité d’un front uni face à ces défis.
Les discussions sur un accord de libre-échange entre ces trois nations traînent depuis 2013, avec des progrès limités. Cependant, la pression croissante des politiques commerciales américaines semble avoir relancé l’urgence de ces négociations. Un sommet exceptionnel avait déjà eu lieu en 2024 à Séoul, posant les bases de cette nouvelle dynamique.
Le communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion met l’accent sur plusieurs points clés :
- La création d’un environnement commercial « libre, ouvert, équitable et non discriminatoire »
- La stabilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales
- Une meilleure coordination sur les contrôles à l’exportation
- La réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
Les trois pays représentent ensemble un quart de l’économie mondiale et 20% du commerce global. Leur alliance pourrait donc redessiner les équilibres économiques internationaux, particulièrement en Asie. La Chine, en particulier, semble vouloir utiliser cette coopération trilatérale pour promouvoir son initiative du Partenariat économique global régional (RCEP), qui rassemble déjà 15 pays asiatiques.
Cette coordination régionale survient à un moment critique. Les États-Unis ont récemment augmenté leurs droits de douane sur l’acier et l’aluminium à 25%, et s’apprêtent à imposer des taxes similaires sur les importations automobiles à partir du 2 avril. Ces mesures affectent directement le Japon et la Corée du Sud, qui représentent respectivement 16% et 15% des importations automobiles américaines. La Chine, quant à elle, fait face à une taxe globale de 20% sur toutes ses exportations vers les États-Unis.
Les déclarations des trois ministres reflètent une préoccupation commune face à ce qu’ils qualifient de « propagation de l’unilatéralisme et du protectionnisme ». Le gouvernement chinois a particulièrement insisté sur la nécessité de préserver le système commercial multilatéral, dans un apparent contraste avec les approches plus nationalistes de Washington.
Cette alliance économique asiatique pourrait marquer un tournant dans les relations commerciales internationales. Alors que les tensions entre Washington et Pékin continuent de dominer l’actualité économique mondiale, la coopération renforcée entre ces trois géants asiatiques pourrait offrir une alternative au modèle centré sur les États-Unis. Reste à voir si cette coordination survivra aux différends historiques qui opposent parfois ces nations, notamment entre le Japon et la Corée du Sud.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net