Le territoire d’Irumu, situé dans la province de l’Ituri en République Démocratique du Congo, est de nouveau frappé par une insécurité grandissante qui asphyxie ses populations agricoles. Depuis plusieurs semaines, les habitants de cette région vivent entre le marteau et l’enclume, confrontés à l’activisme des rebelles ADF (Allied Democratic Forces) et aux nombreuses tracasseries infligées par certains éléments des FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo), qui ont érigé des barrières sur l’axe stratégique Luna-Komanda. Que faire face à une telle situation d’urgence ?
Les témoignages poignants des agriculteurs ne laissent aucun doute : les champs, autrefois source de vie, sont devenus des terrains de mort et de désolation. Les villages tels que Bwanasula, Kidepo, Machongani, et plusieurs autres, longent cet axe de 77 kilomètres et sont au cœur de ce conflit insidieux. L’un des lieux emblématiques, Ndimbo, reconnu pour sa vaste production de banane plantain et d’ananas, est aujourd’hui déserté. Les habitants fuient dans l’espoir de sauver leurs vies, même si certains n’hésitent pas à retourner dans leurs champs. “Mieux vaut mourir dans nos plantations que de mourir de faim dans les zones de refuge”, confie un agriculteur désespéré.
Mais l’insécurité n’est pas le seul défi. Une autre problématique qui crispe davantage la vie quotidienne est la prolifération de barrières militaires improvisées sur cette route clé du commerce. Ces postes, tenus par des éléments non identifiés des FARDC, exigent des sommes exorbitantes des usagers. Selon nos sources, chaque camion de marchandises ou véhicule de transport en commun doit débourser environ 350 000 francs congolais pour franchir ces barrières. Cette corruption rampante étouffe davantage un secteur agricole déjà éprouvé par les attaques des milices.
Face à cette double menace qui paralyse la région, les habitants lancent un appel urgent aux autorités militaires et civiles. Ils réclament la reprise des opérations conjointes entre les FARDC et l’UPDF (armée ougandaise), qui avaient jadis permis de repousser les groupes armés dans cette zone. Une priorité absolue est également de supprimer les barrières militaires illégales, véritable saignée économique pour les usagers de cet axe crucial.
Cette situation alarmante illustre une fois de plus l’étendue des défis de sécurité auxquels la République Démocratique du Congo fait face, en particulier dans une région riche en potentiel agricole. Jusqu’à quand les populations d’Irumu devront-elles vivre sous cette menace permanente ? Les réponses se font attendre, mais il est urgent que les dirigeants prennent des mesures concrètes et efficaces pour restaurer une paix durable dans cette région stratégique du pays.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net