La coalition LAMUKA a exprimé une vive indignation face à l’attaque perpétrée dimanche dernier à Kinshasa contre l’un de ses partis, ADD Congo, dirigé par Prince Epenge, porte-parole de Martin Fayulu. Ce qu’elle qualifie sans équivoque de « banditisme urbain » déclenche un tollé et met en lumière des tensions politiques exacerbées. La force du progrès, groupe de jeunes affiliés à l’UDPS, a été désigné comme le principal fautif de cet acte. Une accusation lourde qui soulève des inquiétudes sur la sécurité et la démocratie en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration vigoureuse, Jean-Félix Senga, secrétaire permanent de LAMUKA, a affirmé l’urgence de sanctionner les responsables de ces violences : « Alors que la RDC fait face à une crise multidimensionnelle mettant en péril l’existence même de l’État, il est consternant de constater que certaines factions, à travers des milices comme la Force du progrès de l’UDPS, sabotent tout élan vers l’unité nationale. » Senga a par ailleurs invité le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), actuellement en mission à Kinshasa, à inscrire ces groupes sur la liste des organisations terroristes.
Le bilan de cette attaque est effroyable. Vingt-quatre militants de l’ADD Congo ont été grièvement blessés, tandis que leur président, Ernest Makanisi, reste introuvable. Plusieurs responsables du parti, tels qu’Atusameso et Fabrice Bontio, vivent désormais dans la clandestinité, traqués par les membres de la Force du progrès. Aux blessures physiques s’ajoutent des pertes matérielles considérables, incluant des pillages et extorsions : équipements de sonorisation, téléphones, chaussures, et chaises en plastique ont été saisis en toute impunité.
Martin Fayulu, figure centrale de l’opposition en RDC, a réagi avec véhémence sur X (ex-Twitter), dénonçant cet acte qu’il a qualifié d’« intolérable » et appelant à un démantèlement immédiat de cette « milice criminelle ». Cette intervention rappelle des précédents incidents impliquant la Force du progrès. En août 2024, certains membres de ce groupe furent jugés pour des actes de violence, dont l’attaque d’une propriété de Joseph Kabila. Si des condamnations à la peine capitale ont été prononcées pour six d’entre eux, de nombreuses questions subsistent sur la gestion et l’implication réelle de cette milice.
Cependant, l’UDPS continue de nier toute relation officielle avec la Force du progrès. Augustin Kabuya, son secrétaire général, a déclaré en janvier 2023 que son parti n’encourageait en aucune manière la violence. Néanmoins, les événements de ces derniers jours jettent un doute sur ces affirmations, les actes de violence semblant s’intensifier.
Ces incidents soulignent une fois de plus les défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée en matière de justice, de sécurité, et de politique. Alors que le pays s’efforce de surmonter des crises multidimensionnelles, ces violences politiques risquent de compromettre davantage l’unité nationale et la confiance des citoyens dans les institutions. Le rôle de la justice congolaise et internationale sera déterminant pour inverser cette spirale de violence et restaurer l’État de droit.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd