Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a vécu un moment culturel et écologique sans précédent avec l’arrivée du spectacle itinérant “The Herds” (Les Troupeaux). Cette initiative artistique sud-africaine, portée par la compagnie Ukwanga, utilise des marionnettes fabriquées localement pour alerter sur l’urgence climatique. Une première en Afrique qui place la RDC au cœur des enjeux environnementaux mondiaux.
Les représentations ont eu lieu au Jardin Botanique de Kinshasa et sur la place de l’Échangeur de Limete, où une dizaine de comédiens congolais ont donné vie à des créations en bois et carton représentant la faune africaine. Girafes, gorilles, okapis et autres espèces menacées ont défilé pendant près de trois heures, offrant un spectacle à la fois poétique et engagé.
“Commencer ce projet à Kinshasa était essentiel”, confie Amir Nizar Zuabi, directeur artistique. “La RDC représente un pilier de la biodiversité mondiale avec sa forêt tropicale et sa faune unique. C’est un message qui doit résonner d’ici vers le monde entier.”
Derrière ces marionnettes géantes se cache un travail minutieux d’artisans locaux. “Travailler le carton fut un défi”, explique Sifo Nola, designer des créations. “Mais c’était nécessaire pour rester cohérent avec notre message écologique. Ces matériaux recyclables symbolisent ce que nous cherchons à préserver.”
Après Kinshasa, la caravane artistique poursuivra sa route le long du fleuve Congo avant de gagner Lagos puis Dakar. À chaque étape, de nouvelles marionnettes seront créées avec des artistes locaux, faisant de ce projet une véritable œuvre collaborative panafricaine.
Ce spectacle s’inscrit dans un contexte où le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, joue un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. Avec ses 500 millions d’acres de forêt tropicale, cette zone absorbe 1,2 milliard de tonnes de CO2 annuellement – l’équivalent de trois ans d’émissions fossiles globales.
“Beaucoup ignorent l’importance vitale du bassin du Congo”, souligne Tshoper Kabambi, producteur local du projet. “À travers l’art, nous voulons réveiller les consciences sur l’urgence de protéger cet écosystème unique.”
Entre culture et écologie, “The Herds” réussit le pari de mêler divertissement et sensibilisation. Un modèle d’activisme artistique qui pourrait inspirer d’autres initiatives en RDC et ailleurs sur le continent. Alors que les défis environnementaux s’accentuent, l’art se révèle être un puissant vecteur de changement et de prise de conscience collective.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd