Dans un élan de solidarité face à la crise humanitaire qui frappe la région, l’Hôpital Général de Référence Charité Maternelle de Goma a lancé une campagne de soins gratuits pour les victimes de blessures par arme blanche ou à feu. Cette initiative, qui s’étend du 1er avril au 1er mai, vise à soulager les souffrances des populations affectées par les récents conflits armés dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Comment ne pas saluer une telle initiative alors que les tensions entre les FARDC et les rebelles du M23 ont plongé la région dans une violence inédite ? Selon les bilans officiels, ce conflit aurait déjà fait plus de 4 000 morts, sans compter les nombreux blessés qui peinent à accéder aux soins médicaux faute de moyens financiers.
Le Dr Jules Kafitiye, médecin directeur de l’établissement, explique la genèse de ce projet humanitaire : “Nous avons constaté une recrudescence des blessés de guerre à Goma. Ces victimes, surprises par l’éclatement du conflit fin janvier, se retrouvent souvent dans l’impossibilité de payer les soins nécessaires. Grâce au soutien de l’organisation Uk Aid Made, nous pouvons aujourd’hui leur offrir des traitements gratuits pendant un mois.”
Depuis le lancement de la campagne, l’hôpital a déjà pris en charge une dizaine de cas de blessures par balle. Mais les médecins s’attendent à voir affluer davantage de patients dans les prochains jours, les attaques armées se multipliant dans la région. “Nous répondons à une crise aiguë”, précise le Dr Kafitiye, tout en espérant une amélioration de la situation sécuritaire après avril.
Cette opération médicale d’urgence intervient dans un contexte où les structures sanitaires de Goma sont soumises à rude épreuve. Situé dans le quartier de Mapendo, l’Hôpital Charité Maternelle, avec ses 120 lits dont 30 dédiés à la gynéco-obstétrique, joue un rôle crucial dans le système de santé local. Depuis sa réhabilitation en 2007, l’établissement n’a cessé d’améliorer ses services, particulièrement dans le domaine de la santé maternelle.
Mais au-delà des soins physiques, c’est toute une population traumatisée par la guerre qui a besoin d’assistance. D’ailleurs, une semaine avant le lancement de cette campagne, le centre neuropsychiatrique de Goma avait initié des consultations gratuites pour les personnes souffrant de troubles psychologiques liés au conflit.
Le Dr Kafitiye lance un appel pressant : “Nous ne voulons pas qu’une personne blessée meure chez elle faute de soins. Toutes les victimes doivent venir se faire traiter pendant la durée de cette campagne.” Un message d’espoir tempéré cependant par l’incertitude qui plane sur la poursuite de ces soins gratuits après le 1er mai, en l’absence de nouveaux partenariats financiers.
Dans une région où les actualités RDC sont trop souvent synonymes de violence et de désespoir, cette initiative humanitaire rappelle l’importance cruciale du secteur médical en période de crise. Alors que Goma continue de faire face à des défis sécuritaires majeurs, les actions concrètes comme celle de l’Hôpital Charité Maternelle démontrent que la solidarité peut faire la différence entre la vie et la mort pour de nombreuses victimes du conflit.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd