La prison centrale de Kisangani, dans la province de la Tshopo, traverse une crise humanitaire sans précédent. Les détenus sont confrontés à une pénurie alimentaire alarmante et à un accès quasi inexistant aux soins médicaux de base. Une situation qui met en lumière les dysfonctionnements chroniques du système carcéral en République Démocratique du Congo.
Selon César Mwimba, directeur de l’établissement pénitentiaire, la prison conçue initialement pour 500 détenus en héberge aujourd’hui plus de 1 350. Cette surpopulation extrême, révélée lors d’une rencontre avec Mattheus Kanga Londimo, président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, crée des conditions de vie inhumaines pour les prisonniers.
Comment une telle situation a-t-elle pu se produire ? L’explication réside en partie dans l’afflux massif de militaires fuyant les conflits armés qui ravagent l’Est du pays. Cette cohabitation forcée entre civils et militaires génère des tensions permanentes au sein de la prison. « Le climat est extrêmement tendu », confirme le directeur Mwimba, décrivant une promiscuité dangereuse et des rationnements alimentaires insuffisants.
Face à cette urgence humanitaire, les autorités provinciales promettent d’intervenir. Le président de l’Assemblée provinciale s’est engagé à alerter les instances compétentes. En attendant, ce sont les organisations caritatives et les communautés religieuses locales qui tentent tant bien que mal de combler les carences de l’État.
Cette crise carcérale à Kisangani n’est malheureusement pas un cas isolé en RDC. Elle fait écho aux nombreux rapports de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui, dès juin dernier, tirait la sonnette d’alarme sur l’état déplorable des prisons congolaises. Le ministère de la Justice avait pourtant initié des mesures de désengorgement, visiblement insuffisantes face à l’ampleur du problème.
La situation actuelle de la prison centrale de Kisangani pose des questions fondamentales sur les conditions de détention en RDC. Entre surpopulation chronique, malnutrition et tensions sociales, le système carcéral congolais montre ses limites. Une réforme en profondeur s’impose pour respecter les droits élémentaires des détenus et préserver la dignité humaine, même en milieu carcéral.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net