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Kwilu : La société civile exige une rupture radicale avec les pratiques politiques décriées

Le Kwilu entre dans une nouvelle ère politique avec l’installation d’un bureau définitif à l’Assemblée provinciale et l’élection d’un nouveau gouverneur ce mercredi. Cette recomposition institutionnelle intervient dans un contexte où la société civile locale appelle à une rupture radicale avec les pratiques passées, jugées néfastes pour le développement de la province.

Placide Mukwa, président de la société civile du Kwilu, n’a pas mâché ses mots lors d’une déclaration percutante. “Nos attentes, c’est de mettre de côté tout ce qui a précédé ces élections : les divisions, les guerres, la course au pouvoir”, a-t-il martelé, avant d’ajouter : “Nous voulons avoir un gouverneur qui marque la rupture. La rupture avec le système qui nous a retenus dans la misère.” Des propos qui résonnent comme un électrochoc dans le paysage politique provincial.

Les défis sont colossaux pour le nouvel exécutif. La société civile réclame une action prioritaire sur trois fronts : l’aménagement des routes – véritable talon d’Achille de cette région agricole -, le développement des projets agricoles et la création d’emplois. Des demandes qui touchent au cœur des préoccupations des populations locales, souvent laissées pour compte dans les politiques provinciales.

Le discours de Placide Mukwa pointe du doigt trois maux endémiques qui minent la gouvernance provinciale : la politisation des régies financières, le clientélisme et le tribalisme. “On ne veut pas quelqu’un qui vient perpétuer les antivaleurs qu’il y a eu avant dans la régie financière, dans les nominations, dans l’administration”, a-t-il insisté. Un plaidoyer pour une gouvernance plus transparente qui rencontre un écho particulier dans cette province riche en potentialités mais pauvre en réalisations concrètes.

Le nouveau gouverneur, figure politique aguerrie ayant occupé plusieurs postes ministériels et parlementaires, hérite d’un lourd passif. Son parcours – notamment comme directeur de cabinet du gouverneur sortant Willy Itsundala – interroge sur sa capacité à incarner cette rupture tant réclamée. La société civile veillera au grain, exigeant que le chef de l’exécutif provincial soit “le gouverneur de tous les 47 députés” et non d’une faction ou d’un territoire particulier.

Cette transition politique au Kwilu s’inscrit dans un contexte national où les provinces cherchent leur voie entre autonomie et dépendance vis-à-vis du pouvoir central. Les mois à venir diront si le nouveau gouverneur saura traduire en actes les aspirations de la société civile ou s’il succombera aux vieux démons de la politique congolaise. Une chose est sûre : la pression citoyenne, rarement aussi audible, ne lui laissera aucun répit.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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