Dans un geste politique marquant, l’ancien Premier ministre congolais Adolphe Muzito (2008-2012) a finalement répondu à l’appel du président Félix Tshisekedi pour des consultations sur la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Cette rencontre, initialement prévue jeudi mais reportée au vendredi 4 mars, s’est déroulée en présence du conseiller spécial du président en matière de sécurité. Une démarche qui, selon les observateurs, pourrait marquer un tournant dans la gestion de ce conflit qui mine le pays depuis des décennies.
L’opposant de longue date a surpris plus d’un en appelant ses pairs de l’opposition et la société civile à se rallier derrière le chef de l’État face à l’ennemi commun. « Lorsqu’un serpent entre dans la maison… », a-t-il déclaré, utilisant une métaphore puissante pour justifier cette union sacrée momentanée. Une position qui contraste singulièrement avec son discours habituel et qui interroge sur les réelles motivations derrière ce rapprochement inattendu.
Fait notable, Muzito n’a pas hésité à formuler des éloges appuyés envers le président Tshisekedi, soulignant notamment le triplement du budget de l’État et les projets d’infrastructure en cours. Des propos qui résonnent étrangement avec ceux tenus lors du lancement de sa propre campagne électorale en novembre dernier. Coïncidence ou stratégie politique calculée ? La question mérite d’être posée alors que le pays s’achemine vers une nouvelle échéance électorale.
Cette consultation marque un tournant dans le paysage politique congolais, faisant de Muzito la première figure majeure de l’opposition à répondre à cet appel présidentiel. Un geste qui pourrait bien redessiner les alliances politiques à Kinshasa, alors que les tensions persistent au sein du Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, comme en témoigne la récente polémique autour de Jeannot Lompepe.
Alors que la RDC fait face à l’une des crises les plus complexes de son histoire, cette initiative de dialogue national suscite autant d’espoirs que de scepticisme. Entre calculs politiques et réelle volonté de trouver une solution durable à la crise dans l’Est, le président Tshisekedi joue une partie délicate. Reste à savoir si cette unité affichée survivra une fois le « serpent » chassé, ou si les vieux démons des divisions politiques reprendront le dessus.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd