Dans un contexte où la capitale congolaise peine à respirer sous le poids des multiples dysfonctionnements urbains, le président Félix Tshisekedi a pris une mesure qui pourrait marquer un tournant dans la gestion des infrastructures à Kinshasa. Lors du 38ᵉ Conseil des ministres tenu ce 4 avril 2025, le chef de l’État a ordonné la création d’une commission ad hoc chargée d’évaluer l’état catastrophique de la voirie et des systèmes d’assainissement dans la mégapole.
Cette décision, relayée par Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, intervient après une série de visites d’inspection présidentielles ayant révélé des situations pour le moins alarmantes. Les images d’avenues transformées en marchés informels, de caniveaux obstrués et de routes impraticables ont visiblement marqué l’exécutif. La question qui se pose désormais : cette commission sera-t-elle en mesure d’apporter des solutions concrètes à des problèmes structurels qui durent depuis des décennies ?
Selon les termes du compte-rendu ministériel, cette structure devra identifier avec précision les défaillances du système, depuis les constructions illégales sur les voies d’évacuation jusqu’à l’insalubrité chronique qui caractérise de nombreux quartiers de la capitale. La mission semble colossale tant les maux à traiter sont profonds et ancrés dans le paysage urbain kinois. Le gouvernement promet des « solutions durables », mais l’on peut légitimement s’interroger sur la capacité de cette commission à inverser la tendance dans un délai raisonnable.
L’annonce présidentielle survient alors que les Kinois subissent au quotidien les conséquences de cette gestion chaotique de l’espace urbain. Inondations récurrentes lors de la saison des pluies, embouteillages monstres dus aux routes dégradées, prolifération des déchets… la liste des problèmes est longue et témoigne d’un besoin urgent d’intervention. La création de cette commission apparaît donc comme une réponse politique à une crise qui mine la qualité de vie des habitants de Kinshasa.
Reste à savoir si cette initiative ne sera pas qu’un énième coup d’épée dans l’eau. L’histoire récente de la RDC est en effet jalonnée de commissions aux résultats mitigés, quand elles n’ont pas tout simplement sombré dans l’oubli. Le président Tshisekedi joue ici une partie importante de sa crédibilité en matière de gouvernance urbaine. L’efficacité de cette structure dépendra largement des moyens qui lui seront alloués et de la volonté politique réelle qui l’anime.
Dans les prochaines semaines, tous les regards seront tournés vers les conclusions de cette commission et, surtout, vers la capacité du gouvernement à traduire ses recommandations en actions concrètes. Car au-delà du diagnostic, c’est bien le traitement qui intéresse les millions de Kinois fatigués de vivre dans une ville qui semble toujours au bord de l’asphyxie. L’enjeu est de taille pour l’exécutif : prouver que cette annonce n’est pas qu’une opération de communication, mais bien le début d’une véritable politique de rénovation urbaine.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net