La situation humanitaire dans le Sud-Kivu atteint un niveau critique alors que plusieurs hôpitaux de la région sont confrontés à une pénurie sans précédent d’intrants médicaux et de médicaments. Cette crise sanitaire, directement liée à l’insécurité provoquée par l’offensive du M23, met en lumière les défis majeurs auxquels fait face le système de santé dans cette partie de la République Démocratique du Congo.
L’hôpital général de référence de Shabunda, pourtant bénéficiaire du programme gouvernemental de gratuité des maternités, se trouve dans l’incapacité de fournir des soins obstétricaux de base. Comment une telle situation a-t-elle pu se produire dans une région déjà vulnérable ? La réponse réside dans l’interruption brutale des subsides humanitaires, les organisations internationales ayant été contraintes de suspendre leurs activités dans les zones rurales en raison de l’insécurité croissante.
Joseph Mpeseni, coordonnateur de l’association Action pour la protection des droits de l’homme et le développement au Congo, tire la sonnette d’alarme : Les patients décèdent faute de traitements adéquats. La gratuité des césariennes est devenue insoutenable sans produits pharmaceutiques. Les structures sanitaires sont incapables de couvrir les besoins élémentaires.
Ce témoignage accablant illustre la gravité de la crise qui frappe les populations locales.
Le marché pharmaceutique local subit des perturbations majeures, avec des augmentations de prix qui défient toute logique économique. Le Paracétamol, médicament de base, a vu son prix quadrupler, passant de 500 à 2 000 francs congolais. Quant au sérum physiologique, son prix a été multiplié par cinq, atteignant des sommets inaccessibles pour la plupart des patients. Ces hausses vertigineuses plongent les familles dans le désarroi et compromettent gravement l’accès aux soins.
Cette crise sanitaire dans le Sud-Kivu pose des questions fondamentales sur la résilience du système de santé congolais face aux chocs externes. Alors que la RDC continue de faire face à des défis sécuritaires dans l’Est du pays, les conséquences humanitaires de ces conflits s’étendent bien au-delà des zones de combat directes. La communauté internationale et les autorités congolaises se trouvent face à un dilemme urgent : comment rétablir l’accès aux soins dans ces régions tout en garantissant la sécurité des acteurs humanitaires ?
La situation à Shabunda et dans d’autres centres de santé du Sud-Kivu rappelle cruellement l’interdépendance entre sécurité et développement. Sans une solution durable au conflit avec le M23, les progrès réalisés dans le secteur de la santé risquent de s’effriter rapidement, avec des conséquences dramatiques pour les populations vulnérables. Les acteurs locaux appellent à une mobilisation urgente pour éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en catastrophe humanitaire à grande échelle.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net