La plateforme politique Lamuka, fer de lance de l’opposition congolaise, a vivement critiqué ce vendredi 4 avril les contours de l’accord minier en gestation entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis. Dans une déclaration incendiaire, le porte-parole Prince Epenge a fustigé ce qu’il qualifie de “braderie” des ressources stratégiques nationales au profit d’intérêts étrangers.
Cette sortie musclée intervient au lendemain des discussions entre le président Félix Tshisekedi et Massad Boulos, émissaire de la Maison Blanche. Alors que Kinshasa mise sur ce partenariat pour sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques, l’opposition y voit une capitulation inacceptable. “Nous prônons une coopération gagnant-gagnant”, martèle Epenge, soulignant le caractère non renouvelable des richesses minières congolaises.
L’analyse politique révèle ici une fracture profonde dans la vision du développement économique de la RDC. D’un côté, le pouvoir semble privilégier une approche sécuritaire, échangeant ressources contre protection militaire. De l’autre, l’opposition dénonce l’absence criante de stratégie industrielle et de valorisation locale. “Cinq ans de gestion hasardeuse nous ont conduits à cette situation de dépendance”, assène le porte-parole de Lamuka, dans une charge violente contre l’exécutif.
Les enjeux géopolitiques sous-jacents donnent à ce débat une acuité particulière. La RDC, dotée de 70% des réserves mondiales de cobalt, se trouve au cœur de la bataille pour la transition énergétique. La question qui se pose est de savoir si le pays parvient à négocier en position de force ou s’il cède aux pressions des grandes puissances. Les récentes actualités économiques RDC montrent une tension croissante entre souveraineté nationale et impératifs du marché global.
Ce dossier minier s’inscrit dans un contexte politique RDC particulièrement volatile, à moins d’un an des prochaines échéances électorales. L’opposition semble déterminée à faire de la gestion des ressources naturelles un marqueur clivant de la campagne à venir. “Le peuple congolais n’en veut pas”, clame Epenge, dans une rhétorique populiste qui pourrait trouver écho auprès d’une population souvent sceptique face aux partenariats internationaux.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra démontrer que cet accord sert réellement les intérêts nationaux. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer si Kinshasa parvient à imposer ses conditions ou si, comme le redoute l’opposition, la RDC se contente d’un rôle de fournisseur de matières premières brutes. L’équation entre sécurité et souveraineté économique promet d’animer durablement le débat public congolais.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net