Le cinéma mondial vient de perdre l’une de ses figures les plus énigmatiques. Val Kilmer, comédien au talent aussi brut que son charisme, s’est éteint ce mardi 1er avril à l’âge de 65 ans des suites d’une pneumonie, comme l’a confirmé sa fille Mercedes Kilmer au New York Times. Une disparition qui résonne comme la fin d’une ère pour les amoureux du septième art.
Qui ne se souvient pas de ce regard bleu acier dans Top Gun (1986) ? Iceman, son personnage au flegme déconcertant face à Tom Cruise, restera gravé dans les mémoires comme l’un des rôles cultes des années 1980. Tony Scott, le réalisateur visionnaire, avait su capter l’essence même de Kilmer : cette aura indéfinissable qui le plaçait d’emblée dans la cour des grands.
Mais réduire Val Kilmer à ce seul rôle serait un sacrilège. L’homme était une véritable caméléon du cinéma, capable d’incarner avec la même intensité Jim Morrison dans The Doors (1991) qu’Elvis Presley dans True Romance (1993). Ses performances, souvent saluées par la critique, témoignaient d’une profondeur artistique rare. David Mamet, qui l’a dirigé dans Spartan, résumait ainsi son talent : “Il donne l’impression que tout est improvisé”.
Sa carrière, aussi brillante qu’irrégulière, reflétait la complexité de l’homme. Du triomphe de Heat (1995) où il volait la vedette à De Niro et Pacino, au fiasco de Batman Forever la même année, Kilmer n’a jamais choisi la facilité. Ses choix artistiques, parfois incompris, étaient toujours guidés par une quête d’authenticité qui le poussera d’ailleurs à s’éloigner des projecteurs dans les années 2000.
Le documentaire Val (2021) révélait au monde un homme meurtri par la maladie – un cancer du larynx diagnostiqué en 2014 – mais toujours habité par cette passion dévorante pour son art. À travers des archives personnelles tournées pendant quarante ans, le film dépeignait sans fard le parcours tumultueux de cet acteur hors norme.
Son ultime apparition dans Top Gun : Maverick (2022) prenait des allures de testament cinématographique. Comme un écho à ses débuts, un retour aux sources pour cet artiste qui, selon ses propres mots, “ne se souciait que du jeu”. Val Kilmer laisse derrière lui une filmographie aussi diverse qu’inégale, mais surtout le souvenir indélébile d’un acteur qui n’a jamais transigé avec son art.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: mediacongo.net