Dans un contexte politique congolais particulièrement tendu, les déclarations de Moïse Moni Della Idi, figure de l’opposition et responsable du parti Conservateurs de la nature et démocrates, ont suscité des réactions contrastées. À l’issue de sa rencontre avec Eberande Kolongele, conseiller spécial du chef de l’État, ce mercredi 2 avril, Moni Della Idi a martelé que « la politique n’a de sens et de substance que lorsqu’on œuvre pour l’intérêt général de la nation ». Une position qui, bien qu’affichant une neutralité apparente, semble marquer un rapprochement subtil avec le pouvoir en place.
Le responsable politique a fermement rejeté toute idée d’interruption du mandat du président Félix Tshisekedi, qualifiant une telle éventualité d’« erreur à ne pas admettre ». « La nation congolaise est en péril, notre maison commune brûle », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une mobilisation collective face aux défis actuels. Une rhétorique qui, sans le dire explicitement, semble épouser les contours de l’Union sacrée, cette coalition gouvernementale qui rassemble plusieurs forces politiques. Pourtant, Moni Della Idi se défend de toute allégeance : « Je ne dis pas que je deviens membre de l’Union sacrée. Je suis de l’opposition. » Une déclaration qui laisse perplexe, tant elle semble osciller entre opposition et convergence d’intérêts.
La présence inattendue du Front commun pour le Congo (FCC), plateforme de l’ancien président Joseph Kabila, a ajouté une couche de complexité à ces consultations politiques. Alors que le FCC avait initialement affirmé ne pas être concerné par ces discussions, Me Jeannot Lompempe s’est présenté comme représentant de la plateforme. Une initiative qui n’a pas manqué de provoquer des remous, notamment après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un document signé par Raymond Tshibanda en août 2024, contestant la légitimité de Lompempe à parler au nom du FCC.
Dans une déclaration enflammée, Lompempe a recentré le débat sur les enjeux sécuritaires : « Pour nous, le Front commun pour le Congo, la priorité est d’abord de récupérer notre territoire. Soit vous soutenez le Rwanda, soit vous êtes pour la balkanisation du Congo. » Un discours qui rappelle les lignes de fracture persistantes dans la politique congolaise, où la question de la souveraineté nationale reste un marqueur idéologique fort.
Ces développements illustrent les tensions et les recompositions en cours au sein de la scène politique congolaise. Alors que certains acteurs de l’opposition semblent prêts à des compromis au nom de « l’intérêt supérieur de la nation », d’autres campent sur des positions plus radicales. Dans ce jeu d’équilibre, la question de la légitimité et de la représentativité des différentes factions reste plus que jamais d’actualité. La suite des consultations politiques pourrait bien réserver d’autres surprises, dans un pays où les alliances sont souvent aussi changeantes que les intérêts qu’elles servent.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net