La République démocratique du Congo fait face à un défi majeur dans sa lutte contre l’épidémie de Mpox, avec seulement 42% du financement requis mobilisé à ce jour. Sur les 44 millions de dollars américains nécessaires pour une riposte efficace, seuls 20 979 372 dollars ont été obtenus, laissant un gap financier de 58%, soit 23 020 628 dollars. Cette situation alarmante intervient dans un contexte de suspension des financements américains, traditionnellement les plus importants dans la réponse humanitaire en RDC.
En effet, les États-Unis, à travers l’USAID, étaient jusqu’à présent le premier donateur dans la lutte contre les épidémies en République démocratique du Congo. La suspension de ces fonds soulève des inquiétudes quant à une possible résurgence des maladies infectieuses, particulièrement dans l’Est du pays où les violences armées compliquent déjà l’accès aux soins de santé. Face à cette crise, le Président Félix Tshisekedi a ordonné à son gouvernement de trouver des solutions alternatives pour atténuer l’impact de cette réduction drastique des financements internationaux.
La RDC est officiellement en situation d’épidémie de Mpox depuis le début de l’année 2022. Ce qui n’était au départ qu’une crise localisée s’est transformé en un défi national, avec des cas signalés dans les 26 provinces du pays. Les experts sanitaires ont observé l’émergence de mutations virales inquiétantes, facilitant une transmission interhumaine plus rapide, y compris par voie sexuelle. Les chiffres récents sont particulièrement préoccupants : entre janvier 2024 et mi-mars 2025, le pays a enregistré 89 903 cas suspects, dont 16 782 confirmés et 1 684 décès.
La situation épidémiologique actuelle en RDC soulève plusieurs questions cruciales. Comment contenir la propagation du virus avec des ressources financières insuffisantes ? Quelles alternatives peuvent être mises en place pour compenser le retrait des fonds américains ? La communauté internationale prendra-t-elle conscience de l’urgence de la situation avant que celle-ci ne devienne incontrôlable ?
Dans ce contexte difficile, certaines initiatives locales méritent d’être saluées, comme la relance récente des campagnes de vaccination dans la province du Nord-Kivu, malgré l’insécurité persistante dans cette région. Ces efforts démontrent la résilience du système de santé congolais, mais ils ne sauraient suffire sans un soutien financier adéquat. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’une approche coordonnée combinant surveillance épidémiologique, vaccination ciblée et sensibilisation des populations à risque.
Alors que la RDC continue de faire face à de multiples défis sanitaires, la crise du Mpox rappelle cruellement la vulnérabilité du pays face aux épidémies et l’importance cruciale de la solidarité internationale. Dans un monde de plus en plus interconnecté, la santé publique ne connaît pas de frontières, et négliger une crise sanitaire en Afrique centrale pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la région. La question qui se pose aujourd’hui n’est pas seulement de savoir comment la RDC va surmonter cette crise, mais aussi quelle sera la réponse de la communauté internationale face à cette urgence sanitaire croissante.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd