Dans les rues de Butembo, une atmosphère de peur et d’impunité plane depuis le début de l’année 2025. Le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO) a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi 2 avril, révélant des chiffres glaçants : 38 cas de meurtres, d’assassinats et de justice populaire enregistrés en seulement trois mois. Comment une ville peut-elle sombrer dans une telle violence ?
« Nous avons documenté 14 cas en janvier, 9 en février et 15 en mars », détaille Muhindo Wasivinywa, coordonnateur du REDHO. La commune de Kimemi et ses environs apparaissent comme l’épicentre de cette vague meurtrière, avec une particularité troublante : 29% des victimes ont succombé à des actes de justice populaire. Des chiffres qui interpellent sur l’effritement de l’État de droit dans cette région du Nord-Kivu.
Derrière ces statistiques froides se cachent des drames humains. 31 hommes et 17 femmes ont perdu la vie, laissant des familles brisées et des communautés traumatisées. « Le mois de mars a été le plus sanglant », souligne Wasivinywa, avant d’ajouter : « Cette recrudescence de violence montre l’urgence d’agir ».
Face à cette situation explosive, le REDHO lance un cri d’alarme aux autorités congolaises. L’organisation exige des services de sécurité plus efficaces, des enquêtes judiciaires sérieuses et un engagement ferme contre l’impunité. « Nous appelons les jeunes à rejeter la justice populaire », insiste le défenseur des droits humains, conscient que cette pratique illégale ne fait qu’alimenter le cycle de la violence.
Cette flambée d’insécurité à Butembo pose des questions fondamentales sur la gouvernance locale et la protection des civils en RDC. Alors que les actualités politiques RDC se concentrent souvent sur Kinshasa, cette crise rappelle que les défis sécuritaires restent criants dans l’Est du pays. Entre défaillance des institutions et perte de confiance des populations, comment reconstruire une paix durable dans cette région meurtrie ?
Les dernières nouvelles RDC en provenance du Nord-Kivu dessinent un tableau sombre, mais pas irrémédiable. La mobilisation des organisations comme le REDHO et la pression citoyenne pourraient forcer les autorités à prendre des mesures concrètes. Reste à savoir si cet appel sera entendu avant que le bilan ne s’alourdisse davantage.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net