La ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, fait face à une inquiétante montée de la violence depuis le début de l’année 2025. Le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO) a révélé ce mercredi 2 avril avoir documenté pas moins de 38 cas de meurtres, d’assassinats et de justice populaire dans cette région déjà fragilisée par des années d’insécurité.
Les chiffres présentés par cette organisation de défense des droits humains sont alarmants. Entre janvier et mars 2025, 31 hommes et 17 femmes ont perdu la vie dans des circonstances violentes. La tendance montre une nette aggravation de la situation au fil des mois, avec 14 cas recensés en janvier, 9 en février et pas moins de 15 durant le seul mois de mars.
Muhindo Wasivinywa, coordonnateur du REDHO, tire la sonnette d’alarme : « Nous observons avec une grande préoccupation cette recrudescence de la violence dans notre région. Ce qui est particulièrement troublant, c’est que près d’un tiers de ces cas (11 sur 38) relèvent de la justice populaire ». Un phénomène qui traduit une perte de confiance croissante des populations envers les institutions judiciaires officielles.
La commune de Kimemi et ses environs apparaissent comme l’épicentre de cette vague de violence, concentrant le plus grand nombre de victimes. Cette situation pose des questions cruciales sur l’efficacité des mesures de sécurité mises en place par les autorités dans cette zone de la RDC.
Face à cette crise, le REDHO lance un appel pressant aux différents acteurs. « Nous exhortons les services de sécurité à redoubler d’efforts pour protéger les civils », insiste Muhindo Wasivinywa, avant d’ajouter : « Les instances judiciaires doivent diligenter des enquêtes sérieuses pour identifier et poursuivre les auteurs de ces crimes. Quant aux jeunes, nous les appelons à renoncer à la justice populaire qui ne fait qu’aggraver le cycle de la violence ».
Cette situation à Butembo s’inscrit dans un contexte plus large d’insécurité chronique dans l’est de la RDC. Les organisations de défense des droits humains et les observateurs internationaux suivent de près l’évolution de cette crise humanitaire qui continue de frapper durement les populations civiles du Nord-Kivu.
Alors que les autorités provinciales et nationales promettent régulièrement de rétablir l’ordre et la sécurité, les chiffres du REDHO montrent une réalité bien différente sur le terrain. La communauté internationale, par le biais de la MONUSCO et d’autres acteurs, sera-t-elle amenée à renforcer son implication dans cette région ? La question se pose avec acuité alors que les civils paient un lourd tribut à cette spirale de violence.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net