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RDC : Le CNSA, cette « institution fantôme » qui coûte cher au contribuable congolais

Dans le paysage politique congolais, certaines institutions semblent survivre davantage par inertie que par utilité réelle. Le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), créé en 2017 dans le sillage de l’Accord de la Saint-Sylvestre, illustre parfaitement ce phénomène. Une récente analyse du centre de recherche Ebuteli dresse un constat sans appel : le CNSA ne serait qu’une « institution fantôme », dépourvue d’activité tangible et d’influence sur la vie politique en République démocratique du Congo.

Pourtant, malgré cette inactivité patente, le CNSA continue de bénéficier – certes de manière irrégulière – de financements publics. Une situation pour le moins paradoxale dans un contexte où la RDC fait face à une crise budgétaire et sécuritaire des plus préoccupantes. Comment justifier le maintien d’une structure dont l’absence se fait sentir dans les actuelles consultations politiques en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale ? La question mérite d’être posée, tant l’institution apparaît marginalisée, voire totalement absente des débats cruciaux qui agitent le pays.

Déjà en 2020, le député Delly Sesanga avait tenté de tirer la sonnette d’alarme en déposant une proposition de loi demandant la dissolution pure et simple du CNSA. Un geste politique fort, motivé par l’inefficacité notoire de l’institution et son coût injustifié pour les finances publiques. Une critique reprise avec force par Ebuteli, qui préconise soit une réforme en profondeur du CNSA – en recentrant ses missions sur la médiation politique –, soit sa suppression définitive, avec transfert de ses fonctions à une entité plus crédible.

Le déclin du CNSA semble avoir été acté dès 2022, lorsque le président Félix Tshisekedi a nommé Jacquemin Shabani comme responsable du suivi du processus électoral, contournant ainsi ostensiblement l’institution. Une décision qui n’a fait qu’entériner l’effacement progressif du CNSA, déjà fragilisé par des soupçons de proximité entre son président Joseph Olenghankoy et le M23 – des rumeurs persistantes dans certains cercles proches du pouvoir.

Dans un pays confronté à des défis multiples – qu’ils soient sécuritaires, économiques ou sociaux –, le maintien d’une structure aussi peu opérationnelle que le CNSA interroge. Comme le souligne Ebuteli, il serait peut-être temps de mettre fin à cette anomalie institutionnelle, qui ressemble davantage à un vestige d’une époque révolue qu’à un outil au service de la démocratie congolaise. La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques : sauront-ils prendre les mesures qui s’imposent, ou continueront-ils à entretenir des institutions fantomatiques au détriment de l’intérêt général ?

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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