Depuis le début du mois de février 2025, une tendance significative se dessine dans la province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo. Plus de 3 200 personnes déplacées ont entamé un retour progressif vers l’aire de santé de Lukaya, située dans la zone de santé de Mandima. Ces populations, originaires des aires de santé de Katanga, Bella, Makeke et même d’Oicha au Nord-Kivu, ont choisi de se réinstaller dans plusieurs localités, notamment Manteite, Tokotoko, Etungu et Makumbo. Selon des sources concordantes relayées par le Cluster Sécurité Alimentaire, ces mouvements s’expliquent par plusieurs facteurs clés.
Les conditions de vie précaires dans les zones de déplacement ont été un élément déterminant dans cette décision. Les familles déplacées, confrontées à des difficultés d’accès aux services de base et à une insécurité alimentaire croissante, ont préféré regagner leurs villages d’origine. Par ailleurs, l’amélioration relative de la situation sécuritaire dans ces localités, combinée à l’approche de la saison agricole A, a joué un rôle majeur dans ce retour massif. Les agriculteurs, soucieux de ne pas rater cette période cruciale pour leurs récoltes, ont ainsi opté pour un retour progressif.
Il convient de rappeler que ces retournés avaient initialement fui leurs villages entre juin et septembre 2024, suite aux incursions des présumés rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) et aux opérations militaires conjointes menées par les Forces Armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF). Durant leur déplacement, ces populations avaient trouvé refuge auprès de familles d’accueil dans les zones de Makumo, Bella, Makeke et Oicha, où elles ont vécu dans des conditions souvent précaires.
Par ailleurs, des mouvements similaires sont observés dans d’autres aires de santé de la région, notamment à Babombi et Mahu. Les raisons invoquées sont identiques : une sécurité relative retrouvée et la nécessité de préparer la saison agricole. Face à cette situation, les autorités locales et les organisations humanitaires restent vigilantes. Elles appellent à un accompagnement adéquat pour faciliter la réintégration de ces populations dans leurs milieux d’origine, tout en veillant à ce que les conditions de sécurité et d’accès aux services essentiels soient garanties.
La question qui se pose désormais est de savoir si ces retournés pourront retrouver une vie normale après des mois de déplacement. Les défis sont nombreux : reconstruction des habitations, relance des activités agricoles, accès aux soins de santé et à l’éducation. Les acteurs humanitaires et les autorités locales devront redoubler d’efforts pour éviter que ces populations ne soient une fois de plus contraintes à fuir.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd