Dans un rebondissement inattendu, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation, Jacquemain Shabani, a demandé au gouverneur militaire du Nord-Kivu de retirer sa circulaire controversée concernant la mise en congé technique des agents publics absents de Beni. Cette intervention ministérielle, intervenue moins de 24 heures après la publication du texte du gouverneur, jette une lumière crue sur les tensions au sein de l’appareil étatique dans cette province en proie à l’insécurité.
Le Nord-Kivu, théâtre de violences récurrentes, voit ainsi s’exprimer au grand jour les divergences entre autorités centrales et locales. La circulaire du gouverneur Somo Kakule, justifiée par des « contraintes budgétaires » et un « cas de force majeure », apparaît désormais comme un coup d’éclat mal calculé. Le ministre Shabani, dans sa réponse cinglante, ne s’est pas contenté d’annuler la mesure : il exige un rapport complet sur la situation depuis la prise de fonctions du gouverneur. Une manière élégante de rappeler qui détient l’autorité suprême en matière de gestion administrative.
Cette séquence politique révèle les difficultés de l’État à imposer sa gouvernance dans les provinces en crise. Alors que Beni sert de chef-lieu provisoire, la mesure du gouverneur visait-elle réellement à rationaliser les dépenses publiques ou constituait-elle une tentative de recentralisation du pouvoir local ? Les actualités RDC montrent que le dossier dépasse la simple question administrative pour toucher aux équilibres politico-militaires dans la région.
Les réactions suscitées par cette affaire illustrent les sensibilités qui entourent la gestion du Nord-Kivu. Entre politique RDC et réalités sécuritaires, le gouvernement central semble vouloir éviter tout embrasement supplémentaire dans une province déjà fragilisée. La demande d’état des lieux formulée par le ministre pourrait annoncer un réajustement plus large de la stratégie étatique dans cette zone cruciale.
Cette crise administrative intervient dans un contexte où les actualités en temps réel RDC rapportent quotidiennement les défis sécuritaires et humanitaires du Nord-Kivu. Le retrait de la circulaire marque-t-il la fin de l’épisode ou le début d’une recomposition plus profonde des rapports entre Kinshasa et les autorités provinciales ? La balle est désormais dans le camp du gouverneur Somo Kakule, dont la prochaine marge de manœuvre sera scrutée à la loupe par les observateurs de la politique congolaise.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net