Les habitants des quartiers Cogelos, Manenga, Kimwenza, Masanga Mbila, Ngafani et Sebo, dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa, subissent quotidiennement les affres d’une mobilité urbaine défaillante. Perdre plus de cinq heures par jour dans les embouteillages pour atteindre le centre-ville est devenu une réalité insupportable pour ces populations. Cette situation, observée mardi 1er avril, soulève des questions cruciales sur l’efficacité des infrastructures routières récemment réhabilitées et la nécessité de solutions durables.
La réhabilitation des avenues Kimwenza, Bel Air et Elengesa avait suscité un espoir légitime parmi les résidents de Mont-Ngafula. Ces travaux devaient mettre fin à des années d’enclavement et faciliter les déplacements vers le centre-ville. Pourtant, malgré ces investissements, les embouteillages persistent, transformant ces axes en véritables goulots d’étranglement. Comment expliquer cette situation paradoxale où des infrastructures neuves deviennent rapidement des points de congestion ?
Laurent Matondo, pharmacien installé au centre-ville, pointe du doigt la détérioration rapide de l’avenue Pierre Elengesa. “Ce raccourci stratégique, qui devait fluidifier la circulation, montre déjà des signes de faiblesse”, déplore-t-il. Les nids-de-poule et autres dégradations précoces provoquent des ralentissements qui se transforment rapidement en bouchons monstrueux aux heures de pointe. Cette situation interpelle sur la qualité des travaux réalisés et la nécessité d’un entretien régulier des voiries.
Face à ce calvaire quotidien, les habitants proposent des solutions. Mamitsho Mazone, fonctionnaire à l’Assemblée nationale et résidente de Mont-Ngafula, plaide pour la réhabilitation du Boulevard Mandela. “L’ouverture de cet axe stratégique permettrait de désengorger considérablement notre secteur”, affirme-t-elle. Cette proposition rejoint celles de nombreux observateurs qui estiment que seule une approche globale du réseau routier kinois peut résoudre durablement les problèmes de circulation.
Certains experts vont plus loin, suggérant une meilleure implication des entités décentralisées dans la gestion du réseau routier communal. “Le gouvernement provincial devrait permettre aux communes de fonctionner pleinement pour prendre en charge l’entretien de leurs voiries”, explique un analyste urbain. Cette décentralisation effective des compétences routières pourrait en effet soulager les axes nationaux aujourd’hui saturés par un trafic qui devrait normalement être absorbé par le réseau communal.
La situation à Mont-Ngafula reflète un problème plus large qui touche l’ensemble de Kinshasa. La croissance démographique explosive de la capitale congolaise, combinée à un parc automobile en expansion constante et à un réseau routier insuffisamment développé, crée une bombe à retardement en matière de mobilité urbaine. Les solutions ponctuelles, comme la réhabilitation de quelques axes, semblent insuffisantes face à l’ampleur du défi.
Alors que les habitants de Mont-Ngafula continuent de subir ces interminables trajets quotidiens, une question se pose : la RDC parviendra-t-elle à mettre en œuvre une politique de transport urbain cohérente et durable ? La réponse à cette question déterminera non seulement la qualité de vie des Kinois, mais aussi l’attractivité économique de la capitale congolaise dans les années à venir.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net