La province du Kwilu, en République Démocratique du Congo, vient de tourner une page cruciale de son histoire politique avec l’élection de Philippe Akamituna Ndolo au poste de gouverneur. Ce mercredi 2 avril, les élus provinciaux ont tranché en faveur de ce candidat qui a obtenu les 28 voix requises, soit la majorité absolue. Une victoire sans appel qui met fin à plus d’une année de gouvernance intérimaire marquée par l’instabilité.
Le scrutin, qui a vu s’affronter seize candidats, a placé en seconde position Sindani Donald avec 11 voix, suivi de Mabiku Steve (5 voix) et Fumani Rombeau (2 voix). Les autres prétendants au fauteuil provincial n’ont pu convaincre aucun élu. Ce résultat, bien que provisoire, dessine une nouvelle configuration politique pour cette province qui a connu des tensions post-électorales particulièrement vives.
Dans le même temps, quatre sénateurs ont été désignés pour représenter le Kwilu au niveau national : Papy Labila Nkalim, Willy Itshundala Assang, Mabaya et Marianne Bakiele. Ces élections sénatoriales, qui ont mobilisé 69 candidats pour seulement quatre sièges, se sont déroulées dans un contexte de campagne électorale express – trois jours seulement – clôturée le 31 mars dernier.
Le Kwilu paie ainsi le prix fort des dysfonctionnements qui ont marqué les élections générales de décembre 2023, particulièrement dans la zone de Masi-Manimba. L’annulation des résultats dans cette circonscription, suite à des fraudes massives et des violences électorales, avait plongé la province dans une crise institutionnelle sans précédent. Ce retard d’un an par rapport au calendrier électoral des autres provinces congolaises n’a fait qu’accentuer les tensions locales.
Philippe Akamituna Ndolo hérite donc d’une lourde charge : celle de réconcilier une province divisée et de relancer des institutions paralysées depuis plus de douze mois. Son prédécesseur, Félicien Kiway Mwadi, n’avait pu exercer qu’un mandat intérimaire limité dans ses actions. La tâche s’annonce d’autant plus complexe que le nouveau gouverneur devra composer avec une assemblée provinciale où les clivages politiques semblent encore bien marqués.
Cette élection marque-t-elle le début d’une nouvelle ère pour le Kwilu ou simplement une accalmie dans une crise politique durable ? La réponse dépendra largement de la capacité du nouveau gouverneur à fédérer autour de son projet et à apaiser les tensions nées des récentes turbulences électorales. Les observateurs politiques congolais auront les yeux rivés sur cette province charnière, dont la stabilisation pourrait influencer l’équilibre régional dans l’ouest de la RDC.
Alors que les résultats définitifs doivent encore être confirmés, une question demeure : ces nouvelles institutions parviendront-elles à restaurer la confiance des populations du Kwilu, lassées par des mois d’incertitude politique ? Le prochain test sera sans doute la capacité du nouvel exécutif provincial à relancer le développement économique et social d’une région riche en potentialités mais longtemps fragilisée par l’instabilité.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net