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Crise humanitaire au Maniema : 21 000 déplacés du Nord-Kivu survivent dans des conditions inhumaines à Lubutu

La situation humanitaire dans la commune rurale de Lubutu, en province du Maniema, atteint des niveaux alarmants avec l’arrivée massive de 21 000 déplacés en provenance du territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Ce chiffre, révélé par un rapport conjoint des autorités locales et de la société civile, illustre l’ampleur de la crise sécuritaire qui secoue l’est de la République Démocratique du Congo.

Les premiers déplacements ont commencé avant même l’occupation de Walikale par les rebelles de l’AFC/M23, mais c’est entre janvier et mars 2025 que les chiffres ont connu une explosion. Face à cette vague humaine, les infrastructures d’accueil de Lubutu sont aujourd’hui saturées. Les déplacés se répartissent entre des familles d’accueil, des églises et plusieurs écoles de la localité, dont l’EP 1 Aleka Unda, l’EP 2 Aleka Unda, l’EP Guyeni et l’EP Mukamba.

Le rapport met en lumière des conditions de vie extrêmement précaires. « Il y a promiscuité dans des ménages d’accueil et les écoles qui hébergent les déplacés internes. Ils ont du mal à fonctionner », peut-on lire dans le document. La situation éducative est particulièrement préoccupante, avec « la majorité des enfants déplacés [qui] seront hors système scolaire » faute de fournitures scolaires.

Les conséquences de cet afflux massif se font sentir sur l’ensemble de la population locale. Les familles d’accueil, déjà vulnérables, doivent réduire leur nombre de repas quotidiens, passant de 2 ou 3 à un seul repas familial « à quantité insuffisante et de peu de qualité ». Une situation d’autant plus dramatique que seulement 20% de la population de Lubutu avait accès à l’eau potable avant même l’arrivée des déplacés.

Sur le plan sanitaire, le tableau est tout aussi sombre. Les structures de santé locales signalent l’arrivée de « plusieurs femmes violées durant le déplacement », tandis que de nombreux autres incidents restent non documentés faute de moyens. Les deux zones de santé du territoire de Lubutu – Lubutu et Obokote – apparaissent totalement dépassées par l’afflux de patients.

Face à cette situation catastrophique, les auteurs du rapport lancent un appel urgent à l’aide humanitaire. La proximité géographique avec Walikale, situé à seulement 202 kilomètres et toujours sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23, laisse craindre une aggravation de la crise dans les prochains mois. Cette nouvelle vague de déplacés vient s’ajouter aux 128 648 élèves déjà contraints d’interrompre leurs études dans le seul territoire de Walikale, où 481 écoles ont dû fermer leurs portes.

Cette crise humanitaire majeure dans l’est de la RDC met une fois de plus en lumière l’urgence d’une solution politique durable pour mettre fin au cycle de violence qui frappe cette région depuis des décennies. Les populations civiles, premières victimes de ces conflits, paient un tribut particulièrement lourd, avec des conséquences qui risquent de se faire sentir sur plusieurs générations.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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