La cité de Bolobo, dans la province du Mai-Ndombe, est en proie à des violences intercommunautaires qui ont déjà fait plusieurs victimes et causé d’importants dégâts matériels. Selon des sources locales, au moins trois personnes ont perdu la vie et près de 40 maisons ont été réduites en cendres la semaine dernière. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre les communautés Nunu et Teke, qui s’opposent depuis février dernier à l’installation d’un chef coutumier Teke à Bolobo, chef-lieu du territoire.
Face à cette situation explosive, le gouverneur du Mai-Ndombe, Lebon Nkoso Kevani, s’est rendu sur place pour tenter de ramener le calme. Lors d’une déclaration publique, il a lancé un vibrant appel à l’unité et à la cohabitation pacifique entre les différentes communautés. « Nous demandons à nos compatriotes qui se cachent encore dans la forêt de revenir. Nous œuvrons pour instaurer une paix durable ici à Bolobo », a-t-il affirmé, tout en condamnant les messages de haine diffusés par certaines radios communautaires.
Le gouverneur n’a pas hésité à pointer du doigt les manœuvres politiques qui, selon lui, alimentent ce conflit. « Nous avons échangé avec la population et les différentes communautés pour trouver une solution durable », a-t-il précisé, tout en mettant en garde les présumés instigateurs de ces violences. Cette crise intervient dans un contexte régional déjà fragilisé par d’autres conflits intercommunautaires, notamment entre les peuples Teke et Yaka dans le territoire voisin de Kwamouth depuis 2022.
La situation à Bolobo soulève des questions cruciales sur la gestion des conflits coutumiers et le rôle des autorités locales dans la prévention des violences intercommunautaires. Comment expliquer que des tensions aussi anciennes continuent de dégénérer en affrontements meurtriers ? Quelles mesures concrètes seront mises en place pour garantir une paix durable dans cette région ? Autant de questions qui restent sans réponse alors que la population vit dans la peur et l’insécurité.
Les récentes violences à Bolobo rappellent tristement l’urgence de trouver des solutions durables aux conflits intercommunautaires qui secouent la province du Mai-Ndombe. Entre manœuvres politiques, rivalités coutumières et absence de dialogue, la route vers la réconciliation semble encore longue. Pourtant, comme le souligne le gouverneur, « on ne peut pas parler de développement là où il y a des conflits et des incendies de maisons ». Un constat amer qui résume à lui seul le drame que vivent les populations de cette région.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net