Les habitants d’Ango Ango, une cellule située dans le quartier Soyo de la commune de Matadi, traversent une crise sans précédent. Depuis novembre 2024, ils sont privés d’eau potable, une situation qui soulève des inquiétudes croissantes concernant leur santé et leurs conditions de vie. Le comité de suivi et de développement de cette entité a récemment tiré la sonnette d’alarme, pointant du doigt des pratiques jugées peu équitables au sein de la REGIDESO.
Dans un mémorandum adressé au directeur provincial de l’entreprise publique, le comité accuse certains agents de la REGIDESO de jouer un rôle dans cette situation alarmante. Selon eux, la vanne située près de la résidence de l’ancien directeur de la REGIDESO, feu Pelo Kossi, serait utilisée de manière partiale. Les habitants de la partie supérieure du quartier continueraient de recevoir de l’eau, alors que les résidents d’Ango Ango, pourtant également abonnés, en sont privés. Ce favoritisme présumé aggrave le quotidien des habitants, qui peinent à vivre sans accès à ce bien vital.
La population d’Ango Ango souffre au quotidien de cette pénurie prolongée. Au-delà de l’impact sur leur santé, cette privation d’eau potable paralyse leurs activités ménagères et économiques. “Nous ne demandons que justice et un traitement équitable”, clame un membre du comité de suivi, tout en appelant la REGIDESO à prendre des mesures urgentes pour rétablir une distribution équitable de l’eau.
Dans leurs recommandations, le comité insiste sur la nécessité de combattre la corruption et le favoritisme, qu’ils jugent être à l’origine du problème. Une régulation équilibrée du délestage d’eau entre différents quartiers est aussi demandée afin que tous les abonnés, qu’ils vivent en haut ou en bas du quartier, aient accès à ce service essentiel.
Alors que Matadi fait face à cette crise, cette situation reflète un problème plus large en République démocratique du Congo, où de nombreuses régions peinent encore à garantir un accès sûr et régulier à l’eau. L’eau, ressource cruciale pour la vie, demeure un enjeu central pour les autorités, qui font face au défi de répondre aux besoins croissants d’une population en constante augmentation.
Ce cri d’alarme lancé par Ango Ango met une fois de plus en lumière les disparités criantes dans l’accès aux services de base en RDC. La REGIDESO, intervenant clé dans cette crise, est désormais sous pression pour résoudre ces dysfonctionnements et garantir un accès équitable à l’eau potable dans toute la commune de Matadi.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net