À Bunia, capitale de la province de l’Ituri, une crise menace la population depuis plusieurs mois : 21 000 abonnés du réseau privé de distribution d’eau du Centre d’initiation au développement rural (CIDRI) sont désormais privés d’eau potable. La cause ? La société Mont Gabaon, en charge de la modernisation des voiries de la ville, a détruit les infrastructures de distribution existantes. Une situation qui aggrave les défis quotidiens pour des milliers de familles.
Innocent Ngandru, coordonnateur du CIDRI, a exprimé sa vive inquiétude en marquant la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars. Il déplore : « L’entreprise Mont Gabaon a rasé pratiquement tout le réseau de raccordement de nos abonnés. Bien que nous intervenions également dans les travaux publics, nous n’avons pas été consultés pour éviter ces dommages. »
La modernisation des infrastructures urbaines, bien qu’essentielle, semble avoir pris le pas sur la consultation des parties prenantes majeures. Ngandru rappelle qu’un tel projet exige une coordination avec divers acteurs. « Il aurait été crucial d’associer les divisions des infrastructures de l’énergie et de l’eau dès le départ. Cela aurait permis d’éviter ces destructions inutiles. Nous estimons ces désastres volontaires après plusieurs tentatives infructueuses pour dialoguer avec Mont Gabaon. Aujourd’hui, notre dernier recours est la justice. »
Cette situation met en lumière un manquement criant dans la gestion des projets de développement en RDC. Si des efforts considérables sont investis dans la modernisation des infrastructures, ceux-ci risquent d’être contre-productifs en l’absence d’une coordination stratégique et inclusive. La population, déjà vulnérable et confrontée à de multiples défis, se retrouve à subir les conséquences de décisions mal planifiées.
Pour l’heure, tous les efforts entrepris pour obtenir la réaction de la société Mont Gabaon sont restés sans réponse. Ce silence contraste vivement avec les revendications des abonnés du CIDRI qui demandent des solutions immédiates pour leur accès à une ressource essentielle : l’eau potable.
Cette crise pose une question majeure : comment concilier développement urbain et respect des droits fondamentaux des citoyens ? Alors que Bunia cherche à se moderniser, le droit à l’eau potable, essentiel à la vie et à la dignité humaine, ne doit pas passer au second plan. L’issue de ce conflit, qui se dirige vers le terrain judiciaire, sera déterminante pour l’avenir de la gestion des projets publics en Ituri.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net