Une campagne de don de sang exceptionnelle s’est achevée vendredi dernier à Kisangani, dans la province de la Tshopo, avec un résultat certes modeste, mais lourd de symboles humanitaires. En l’espace de deux semaines, environ deux cents poches de sang ont été collectées sous l’égide de la Division provinciale de la santé (DPS). Une initiative lancée par le gouvernement provincial, destinée à répondre aux besoins criants des blessés, militaires comme civils, victimes des affrontements récents dans le Nord-Kivu après la chute de Goma sous le contrôle des rebelles du M23 et de l’AFC, épaulés par des militaires rwandais.
Démarrée à la mairie de Kisangani, la campagne a mis le cap sur divers lieux stratégiques comme les établissements d’enseignement supérieur et universitaire, pour finalement se clore à l’Agence belge de développement (ENABEL). Parmi les premiers bénévoles, Prosper Ntema, figure locale, a expliqué sa motivation par un élan profondément humaniste: « C’est quelque chose de personnel que j’ai voulu exprimer à travers ce geste. J’espère que ce sang va sauver une vie. C’est moins une question de patriotisme qu’un devoir envers l’humanité dans son ensemble. »
Son engagement a suscité une vague de solidarité au sein de ses collègues. Jérôme, un autre donateur, a témoigné: « Nous avons été sensibilisés. Alors pourquoi ne pas donner notre sang pour sauver des vies qui en ont besoin? C’est tout simplement une question de devoir moral. » Bien que l’objectif initial de cinq cents poches de sang n’ait pas été atteint, le coordonnateur de la campagne, le Dr Chérubin Mbombo, salue l’effort collectif et l’engagement manifeste de la communauté. « Nous remercions d’abord ENABEL pour leur soutien, ainsi que la population, qui a répondu présente. Ce geste collectif est essentiel pour venir en aide aux blessés, particulièrement à Goma, où les besoins sont criants », a-t-il souligné.
La question logistique reste toutefois en suspens : le transport des poches de sang vers leur destination finale dépendra des autorités politiques. Mais pour les participants et les organisateurs, ce premier pas marquant ouvre la voie à une réponse plus large et plus coordonnée aux crises humanitaires qui secouent la région. Dans un contexte national marqué par des besoins immenses en matière de santé, ce type d’initiatives est un rappel vibrant de la résilience et de la solidarité qui unissent les Congolais face à l’adversité.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net