Les compagnies aériennes et agences de voyage opérant à Kisangani, chef-lieu de la province de Tshopo, tirent la sonnette d’alarme. Treize d’entre elles se déclarent « asphyxiées » par une situation préoccupante : l’absence de vols réguliers vers Goma, un point stratégique affecté par des tensions sécuritaires. Cette situation a été exposée sans détour au ministre provincial des Transports et Voies de Communication, Ghislain Mogenya Baraka, lors de sa récente visite auprès de six de ces entreprises.
Le ministre provincial, en visite depuis une semaine dans les infrastructures des compagnies aériennes et agences de voyage de Kisangani, a constaté des disparités évidentes dans leur organisation. “Certains opérateurs disposent de bureaux bien identifiés, mais d’autres travaillent sans locaux. Ils se camouflent derrière d’autres compagnies aériennes”, a-t-il affirmé avec inquiétude, appelant chaque acteur à formaliser ses activités. Selon lui, il est indispensable que chaque organisation ait une structure identifiable pour renforcer la transparence et la crédibilité de ce secteur clé.
Outre le manque de vols vers Goma, une autre problématique a été soulevée : la taxation non réglementaire. Le transport de certaines marchandises, comme le “fumbwa” (légume prisé dans la cuisine congolaise), de Kisangani vers Kinshasa est assujetti à des taxes non conformes à la nomenclature officielle. Cette irrégularité financière limite clairement la fluidité des échanges et ajoute une pression supplémentaire à des agences déjà fragilisées. “Cela freine nos initiatives de développement et décourage les utilisateurs du transport aérien”, a déploré un responsable de Congo Airways.
Face à ces doléances, Ghislain Mogenya Baraka a reconnu la complexité de la situation tout en rappelant les limites de ses prérogatives face à la question des taxes, relevant de l’autorité budgétaire provinciale, autrement dit, de l’assemblée provinciale. Cependant, son intervention marque une volonté de collaborer avec les opérateurs locaux pour alléger leurs nombreux fardeaux opérationnels.
Cette crise souligne l’importance d’une réforme structurante du secteur aérien en RDC, dominé par des défis de logistique, de régulation et de sécurité. Alors que les liaisons aériennes sont essentielles pour relier les provinces, leur perturbation accentue l’enclavement et le ralentissement économique des régions comme Tshopo. Cela pose une question essentielle : quelle stratégie la RDC mettra-t-elle en place pour dynamiser un secteur si vital à son développement économique régional ?
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net