Les acteurs du secteur aérien et des agences de voyage à Kisangani, dans la province de Tshopo, font face à une situation préoccupante. Marquées par le manque de liaisons aériennes vers Goma, où l’insécurité règne, ces entreprises s’inquiètent pour leur survie économique. Cette crise a été mise en lumière lors des visites des infrastructures menées par le ministre provincial des Transports et Voies de Communication, Ghislain Mogenya Baraka.
Depuis une semaine, le ministre Baraka parcourt les agences et compagnies aériennes du chef-lieu de la Tshopo. En évaluant la situation, il a noté des disparités marquées dans les installations des opérateurs. « Compte tenu de la situation actuelle, certains sont bien organisés avec des sièges officiels, tandis que d’autres n’ont même pas de locaux propres et opèrent dans des configurations précaires », a-t-il souligné. Ces conditions limitent grandement leur efficacité et posent la question de leur conformité aux normes administratives.
Le manque de vols vers Goma est un véritable casse-tête pour le secteur. Les responsables des entreprises affirment que cette situation limite non seulement leur activité économique mais aussi l’accessibilité des populations. Outre cette problématique, d’autres contraintes viennent encore alourdir leur quotidien, comme l’a indiqué un responsable de Congo Airways. Ce dernier déplore notamment l’imposition d’une taxe non réglementaire sur le transport de « fumbwa » vers Kinshasa. Bien que cette charge financière soit controversée, elle n’est pas inscrite dans la nomenclature officielle des taxes et présente donc des défis d’ordre légal et fiscal.
Le ministre Mogenya Baraka a rappelé que les ajustements en matière de taxes ne relèvent pas directement de son autorité : « La revisitation de la nomenclature des taxes est une compétence de l’assemblée provinciale, l’autorité budgétaire. » En attendant, les opérateurs du secteur espèrent des solutions rapides et concrètes pour revitaliser leur industrie en difficulté.
Derrière ces défis se profile une problématique plus large : l’insécurité à Goma. Cette situation, loin de se limiter à un seul impact provincial, reflète les tensions auxquelles une grande partie du pays reste confrontée. Le rôle du gouvernement provincial et national sera crucial pour restaurer la confiance dans les infrastructures et relancer une économie locale encore fragile. La question qui se pose désormais est la suivante : quelle sera la prochaine action pour sortir ces entreprises de leur asphyxie ?
L’avenir du transport aérien et des agences de voyage à Kisangani dépendra de la capacité des décideurs à conjuguer efforts politiques et économiques pour rétablir une stabilité solide dans la région et au-delà.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net