Les compagnies aériennes et agences de voyages opérant à Kisangani, chef-lieu de la province de Tshopo, tirent la sonnette d’alarme. Asphyxiées par le manque de vols vers Goma, où l’insécurité influence grandement la fréquence des déplacements, ces entreprises se retrouvent en situation critique. Ce constat alarmant a été directement exposé au ministre provincial des Transports et Voies de Communication, Ghislain Mogenya Baraka, lors d’une série de visites dans six agences locales.
Depuis la semaine dernière, le ministre Mogenya Baraka multiplie les descentes sur le terrain pour évaluer la situation des compagnies aériennes ainsi que des agences de voyages dans la province de Tshopo. Ses premières observations révèlent un tableau contrasté : certaines entreprises disposent de locaux adaptés, tandis que d’autres fonctionnent dans une semi-clandestinité, opérant depuis des espaces prêtés ou même dissimulés. “Les compagnies doivent garantir une certaine visibilité et une bonne installation”, a souligné le ministre, insistant sur l’importance pour chaque opérateur d’établir un siège fixe.
Parmi les voix qui s’élèvent, celle du responsable de Congo Airways retient l’attention. Il dénonce une taxe sur le transport du “fumbwa” (feuilles de légumes très prisées dans la région) vers Kinshasa, une taxe jugée non réglementaire et absente de toute nomenclature officielle. Cette pratique pèse lourdement sur la rentabilité des vols cargo, aggravant les difficultés des entreprises déjà affectées par la réduction des connexions aériennes avec Goma.
Face à ces préoccupations, le ministre provincial a tenu à préciser que la révision de la nomenclature des taxes ne relève pas directement de sa compétence, mais plutôt de celle de l’assemblée provinciale, autorité budgétaire compétente en la matière.
La situation met en exergue les défis auxquels fait face le secteur aérien dans la région : entre l’insécurité qui freine les déplacements et des conditions réglementaires jugées inadéquates, les entreprises peinent à respirer. Pour un chef-lieu aussi stratégique que Kisangani dans le développement économique de la République démocratique du Congo, cela soulève une question cruciale : comment relancer efficacement les activités commerciales dans ce secteur vital ?
Ce cri d’alarme des compagnies aériennes s’inscrit dans un contexte où les infrastructures et les politiques publiques ont du mal à suivre le rythme des besoins croissants des populations et du commerce dans l’est de la RDC. Les provinces comme Tshopo, confrontées à des problématiques multiples, exemplifient les défis économiques plus larges auxquels le pays doit s’attaquer pour instaurer une croissance durable. Alors que les autorités provinciales sont mises sous pression, l’ensemble du secteur aérien attend des réformes concrètes et rapides pour aligner son fonctionnement aux attentes des usagers et opérateurs.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net