À Kinshasa, dans la commune de Selembao, une situation critique interpelle autorités et habitants : plus de 208 corps sont en décomposition avancée à la morgue de l’Hôpital général de référence de Makala (ex-Sanatorium). Ces dépouilles, principalement celles d’indigents non réclamés, stagnent depuis des mois dans des conditions déplorables, générant des odeurs insupportables et polluant gravement l’environnement local.
Selon des sources proches de l’administration de la morgue, ces corps attendraient toujours leur transfert à la morgue centrale ou leur inhumation par les autorités congolaises. Cette situation, qui soulève des préoccupations de santé publique, met à nu des dysfonctionnements inquiétants dans la gestion des infrastructures sanitaires et interpelle sur le sort des communautés les plus précaires.
Le médecin directeur de cet établissement, dans un rapport daté du 20 février dernier, avait alerté sur la gravité de cette situation. Manifestant son indignation, il soulignait les risques sanitaires pour les habitants des environs tout en appelant le ministère de la Santé à intervenir. Tragiquement, ce médecin est décédé peu après la rédaction de ce rapport, laissant son cri d’alarme en suspens.
Dans le même document, l’expert médical avait exhorté les autorités à prendre des mesures adéquates pour résoudre ce problème, qualifié d’insupportable. Toutefois, les réponses officielles tardent à venir, laissant les résidents voisins exposés à des conditions sanitaires déplorables.
Le bourgmestre de Selembao, interrogé le 27 février, a reconnu l’étendue du problème tout en soulignant ses limites dans la prise d’actions concrètes. “Nous sommes conscients de la situation et nous nous sommes rendus sur place. Mais ce dossier dépasse largement les attributions de la commune”, a-t-il déclaré. En conséquence, il a appelé les ministères de la Santé et de l’Intérieur à intervenir de toute urgence.
Par ailleurs, il a été rapporté que malgré les difficultés, la morgue de l’hôpital continue de fonctionner. Toutefois, des coupures fréquentes d’électricité et plusieurs autres dysfonctionnements aggravent les problèmes existants. Les résidents des environs attendent un geste fort des autorités pour mettre fin à ce calvaire sanitaire.
Cette situation met une fois de plus en lumière la nécessité d’une meilleure gestion des infrastructures publiques et d’une réponse coordonnée aux crises sanitaires en République démocratique du Congo. À l’heure actuelle, les habitants affectés vivent dans l’angoisse et attendent avec impatience que l’État prenne ses responsabilités pour pallier cette urgence humanitaire.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net