Il y a des situations qui interpellent tant par leur caractère tragique que par leur impact sur la santé et la dignité humaine. L’hôpital général de référence de Makala, situé dans la commune de Selembao à Kinshasa, se retrouve sous les projecteurs de l’actualité pour une raison des plus alarmantes : plus de 208 corps en décomposition avancée y stagnent depuis des mois, au sein de sa morgue. Ces dépouilles, constituées principalement d’indigents non réclamés, posent un problème majeur non seulement en termes de santé publique, mais aussi de respect des droits fondamentaux.
Selon des sources administratives de l’établissement, ces corps non identifiés ou abandonnés attendent soit leur transfert vers la morgue centrale, soit une prise en charge par l’État pour leur inhumation. Cependant, l’inertie administrative semble prolonger ce calvaire non seulement pour les dépouilles, mais également pour les habitants aux alentours qui subissent l’odeur insupportable et la pollution environnementale générée par cette situation.
Un rapport rédigé en février dernier par le médecin directeur de cet hôpital public a mis en lumière les dangers sanitaires et environnementaux de cet état de fait. Ce document, qui visait à alerter le ministère de la Santé, contient un appel pressant à l’aide. Tragiquement, le médecin concerné est décédé le lendemain de la rédaction du rapport, laissant ses collègues et les autorités locales face à une crise sanitaire de grande envergure. L’appel lancé au ministère de la Santé reste jusqu’à présent sans réponse, prolongeant l’inaction et les risques pour la population avoisinante.
Du côté de la commune de Selembao, le bourgmestre a admis publiquement que cette problématique dépasse de loin ses compétences et qu’une intervention des ministères de la Santé et de l’Intérieur est absolument nécessaire pour résoudre ce dilemme insoutenable. Il précise néanmoins que la morgue continue de fonctionner, malgré les nombreuses coupures d’électricité et les défis logistiques aggravés par l’accumulation des corps.
Les questions affluent : Pourquoi une telle lenteur dans la prise de décision des autorités compétentes ? Quelle planification durable est envisagée pour éviter que ce type de crise ne se reproduise à l’avenir ? Le respect de la dignité humaine et la santé collective ne devraient-ils pas être des priorités absolues ? Alors que l’attente perdure, cette situation interpelle vivement sur l’importance d’une gestion proactive des services publics en République Démocratique du Congo. Les regards sont désormais tournés vers le gouvernement congolais pour une solution rapide et efficace à cette tragédie silencieuse qui embrasse des enjeux sanitaires et humains complexes.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net