À Komanda centre, à environ 75 kilomètres de Bunia, plus de 30 000 ménages déplacés vivent dans une précarité inimaginable depuis près de quatre ans. Ces familles, victimes des violents conflits armés qui frappent le territoire de Mambasa dans la province de l’Ituri ainsi que le voisin Nord-Kivu, s’entassent dans des conditions déplorables, sans accès à la moindre assistance humanitaire.
Ces déplacés ont fui les exactions horribles perpétrées par les rebelles des ADF et d’autres groupes armés locaux qui continuent de terroriser les populations. En abandonnant leurs villages tels que Bahaha, Mungamba ou Lolwa, situés dans la chefferie de Walese Vonkutu, ils ont laissé derrière eux leurs champs et moyens de subsistance. Walese Vonkutu, désormais tristement connu comme l’épicentre des exactions rebelles, reste l’un des endroits les plus dangereux pour les populations civiles.
La situation humanitaire à Komanda est alarmante. Selon Gustave Kakani, président de la société civile locale, ces familles déplacées, dont la survie dépendait des cultures maraîchères, ne peuvent plus s’aventurer à plus de deux kilomètres de la route principale sans risquer leur vie. Les menaces persistantes des ADF et leurs supplétifs, combinées avec l’insécurité engendrée par les milices locales, maintiennent ces populations dans un état constant de terreur.
Malgré les dialogues communautaires lancés par le gouvernement provincial avec l’appui de la MONUSCO et les opérations militaires visant à reprendre le contrôle de certaines zones, le soutien humanitaire demeure désespérément absent. Si des progrès ont permis à certains déplacés de retourner à Boga, Tchabi, et certaines parties de Walese Vonkutu, les ONG humanitaires continuent de se faire attendre dans ces régions où les besoins sont criants.
Face à l’inertie des interventions, une question persiste : combien de temps encore ces familles devront-elles survivre au jour le jour, privées d’une aide essentielle ? La réintégration des déplacés ne pourra être effective qu’à condition d’établir une sécurité durable et d’intensifier la réponse humanitaire. Ce drame régional illustre à lui seul l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe la République Démocratique du Congo, en particulier dans ses zones frontalières comme l’Ituri et le Nord-Kivu.
Urgence humanitaire, sécurité et reconstruction se trouvent ici enlacées dans une spirale d’inaction. Les regards se tournent désormais vers les autorités locales, nationales et internationales pour sortir ces 30 000 ménages de l’oubli. Les voix s’élèvent pour que des mesures concrètes soient prises afin de leur offrir une chance de vivre dignement.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net