La ville de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, a connu un retour timide des élèves dans ses écoles depuis lundi dernier. Ce retour, néanmoins essentiel, est marqué par les hésitations des parents face aux défis sécuritaires persistants, plongeant ainsi la communauté éducative dans l’incertitude.
Si certaines écoles, jugées sûres, affichent déjà des classes partiellement remplies, d’autres peinent à retrouver leur population scolaire habituelle. En effet, des familles préfèrent encore retenir leurs enfants à la maison. « Je n’ai personnellement pas vu de raisons de retenir mes enfants à la maison alors que d’autres assistent aux cours », confie un père qui, au prix d’un effort conséquent, accompagne ses enfants matin et soir. Ce parent, convaincu que le retard accumulé pourrait être irrécupérable, brise la peur ambiante pour que l’éducation l’emporte.
À l’inverse, certains parents choisissent la prudence. « On ne sait pas ce qui se passe. J’ai peur. Nous vivons dans une psychose totale », s’exclame une mère de famille, insistant sur la nécessité de garanties sécuritaires avant tout retour à l’école. Ce dilemme familial reflète la tourmente d’une population tout entière. Alors que les autorités éducatives de la province éducationnelle Sud-Kivu 1 exhortent enseignants, parents et gestionnaires scolaires à redémarrer les activités académiques, la réalité sur le terrain est bien plus compliquée.
Ces hésitations des parents traduisent une méfiance compréhensible vis-à-vis du contexte régional. Le Sud-Kivu, théâtre de tensions sécuritaires récurrentes, continue de poser d’importants défis à la normalisation de la vie scolaire. Dans ce cadre, envoyer les enfants à l’école devient un acte de foi autant que de résilience. Mais jusqu’à quand ces craintes influenceront-elles le taux de fréquentation scolaire ?
La reprise scolaire offre toutefois un espoir timide, le premier pas vers une normalisation très attendue de la situation dans cette région. L’implication collective—des autorités aux parents—semblent être une condition sine qua non pour rassurer les familles et permettre à l’éducation de jouer pleinement son rôle dans cette communauté en quête de stabilité.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net