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CENCO dénonce une “provocation” contre l’Église catholique à la DGM de Lubumbashi

La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a de nouveau attiré l’attention sur le climat tendu qui persiste à l’intersection de la politique et de la religion en République Démocratique du Congo (RDC). Cette fois-ci, c’est par la voix de son président, Monseigneur Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi, que l’organisation catholique a dénoncé ce qu’elle considère comme une “provocation” inacceptable : la confiscation, durant plusieurs heures, du passeport de Monseigneur Donatien Nshole par des agents de la Direction Générale de Migration (DGM) à Lubumbashi.

Selon Monseigneur Muteba, cet acte s’inscrit dans une série d’intimidations visant à réduire l’influence de l’Église catholique dans sa mission de paix et de défense des droits du peuple congolais. “Cette intimidation ne nous décourage pas dans notre quête de trouver une solution pacifique aux problèmes auxquels le pays est confronté actuellement”, a-t-il martelé, soulignant la détermination inébranlable de la CENCO à œuvrer pour la paix et le bien-être de la population.

L’incident survient dans un contexte plus large où la CENCO, en coalition avec l’Église du Christ au Congo (ECC), a récemment lancé l’initiative du “Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs”. Ce projet ambitieux vise à mobiliser la population congolaise autour de la cohésion sociale et à répondre à l’insécurité persistante dans l’est du pays, tout en promouvant la stabilité dans la sous-région.

Cependant, l’initiative n’est pas sans critiques. Du côté de la famille politique du président Félix-Antoine Tshisekedi, l’on estime que l’Église catholique devrait se concentrer sur sa mission spirituelle et ne pas interférer dans les affaires politiques. Le chef de l’État, tout en réaffirmant son attachement aux processus régionaux de Luanda et Nairobi, a préféré maintenir une position d’attente quant aux résultats des consultations menées par la CENCO-ECC.

Le “Pacte social” témoigne des efforts concertés d’acteurs religieux pour répondre aux attentes croissantes de la population, mais soulève également des questions sur l’interaction entre religion et politique dans un pays où ces deux sphères ont longtemps été étroitement imbriquées. Alors que la CENCO et l’ECC appellent à la mobilisation pour la paix, certains analystes voient dans cette initiative une forme d’opposition implicite aux démarches étatiques.

La réaction de la Direction Générale de Migration sur l’incident à Lubumbashi reste attendue, tout comme celle des autorités sur la coexistence parfois conflictuelle entre leurs initiatives et celles des institutions religieuses. L’affaire illustre également la complexité de la recherche de la paix dans un contexte où chaque geste, chaque acte, peut être interprété comme une prise de position dans les dynamiques sociopolitiques de la RDC.

Face à ces tensions, la question centrale reste : la paix et la cohésion sociale en RDC peuvent-elles être atteintes sans une coopération harmonieuse entre les institutions étatiques et religieuses ? Un enjeu crucial pour un pays en quête de stabilité durable.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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