Dans une démarche saluée par l’organisation de défense des droits humains, La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV), le Vice-Premier ministre de l’Intérieur a récemment interdit aux gouverneurs des provinces de quitter leurs territoires. Cette décision, adoptée dans un contexte de crise sécuritaire aiguë, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo, a provoqué des réactions vivement soutenues, mais soulève aussi des interrogations sur les défis liés à sa mise en œuvre.
L’initiative a été qualifiée de salutaire par la VSV, car elle garantit une présence active et renforcée des gouverneurs au côté des populations qu’ils administrent. Dans un pays confronté à de multiples crises, qu’elles soient humanitaires, sécuritaires ou économiques, les gouverneurs jouent un rôle capital en matière de gestion des urgences et de maintien de l’ordre. Selon l’organisation, une telle proximité est essentielle pour répondre efficacement aux besoins des citoyens, en particulier ceux qui subissent de plein fouet les traumatismes liés aux conflits persistants à l’Est du pays.
La VSV va plus loin en exhortant le gouvernement à renforcer cette mesure, en la rendant durable, au-delà des situations de crise actuelles. En effet, l’organisation fustige une pratique courante où certains gouverneurs utilisent leurs postes pour passer une grande partie de leur temps à Kinshasa ou à l’étranger, au frais des provinces. Cette habitude, selon la VSV, est non seulement coûteuse pour les caisses provinciales, mais également préjudiciable pour le développement des entités administratives laissées à l’abandon.
Pour illustrer les conséquences de ces absences répétées, la VSV rappelle que plusieurs gouverneurs, lors de la campagne électorale de 2023, ont fait l’objet de critiques acérées de la part de leurs administrés. Ces derniers leur reprochaient un manque d’engagement à l’égard de leurs provinces laissé visible par des absences prolongées. Une situation que l’organisation qualifie de symptomatique d’une gouvernance déconnectée des réalités locales.
Cette décision du Vice-Premier ministre pourrait ainsi marquer un tournant dans la manière dont sont gouvernées les provinces en RDC, encourageant une gestion plus transparente et une proximité accrue. Toutefois, le défi réside dans l’application rigoureuse de cette mesure. La question reste ouverte : comment contraindre des gouverneurs à rester dans leurs provinces et à assumer pleinement leurs responsabilités, dans un système parfois gangrené par les altérations administratives ?
Alors que la RDC traverse une période d’incertitudes, ces changements administratifs pourraient offrir un souffle d’espoir pour des populations en quête de dirigeants responsables et présents. La VSV, fidèle à son engagement, insiste sur la nécessité d’un suivi rigoureux de ces directives afin de garantir une gouvernance réellement au service des citoyens.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd