La tragédie continue dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). À la suite des incessantes vagues de violence, environ 720 enfants séparés de leurs familles ont été réunis avec leurs proches, sur les 1 200 identifiés, selon un communiqué publié par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Cette avancée, bien qu’encourageante, ne masque pas l’ampleur du défi humanitaire qui persiste dans cette région déchirée par les affrontements.
L’UNICEF, dans son communiqué, appelle fermement à la cessation immédiate des violences qui affectent les familles et surtout les enfants, dont les droits fondamentaux continuent d’être piétinés. Ce plaidoyer s’appuie sur les obligations des parties au conflit, définies dans la Convention internationale des droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Il s’agit d’un appel solennel à respecter les normes du droit humanitaire international.
Les enfants, dans ce contexte de brutalité exacerbée, deviennent les premières victimes collatérales. Les données révélées par l’agence onusienne sont glaçantes : une multiplication des violences sexuelles par deux, des meurtres et mutilations par sept, des enlèvements par six et une augmentation des attaques contre des infrastructures essentielles, telles que les écoles et les hôpitaux, par douze. Ces chiffres, qui illustrent une réalité effroyable, expriment l’état de fragilité extrême des civils, en particulier des plus jeunes.
Jean-François Basse, représentant par intérim de l’UNICEF en RDC, a ajouté : « Nous ne devons pas rester les bras croisés pendant que cette violence horrible persiste. L’impunité, qui perpetuellement alimente ce cycle vicieux de souffrances, doit être brisée si nous souhaitons protéger les enfants et leur donner un avenir. »
L’ampleur des violences ne se limite pas seulement à l’éclatement des familles. L’effondrement des services essentiels en est une conséquence tragique : des milliers d’écoles restent fermées, privant des générations entières d’une éducation. Les combats, les évasions massives des prisons et la prolifération des armes rendent la situation encore plus invivable, notamment pour les enfants qui se retrouvent souvent en première ligne.
De plus, l’UNICEF souligne une recrudescence des campagnes de recrutement forcé, exposant les jeunes à un risque accru d’enrôlement dans des groupes armés. La RDC détient tristement l’un des records les plus élevés au monde en termes de recrutement d’enfants depuis 2005.
Malgré ces terribles constats, l’UNICEF et d’autres agences des Nations unies travaillent avec le gouvernement congolais pour contrer cette spirale destructrice. Depuis la signature d’un plan d’action en 2012, des avancées ont été enregistrées, notamment le processus de vérification de 5 639 recrues potentielles à travers le pays, une tâche cruciale mais encore insuffisante.
La crise humanitaire dans l’est de la RDC reste un rappel poignant du coût humain de ces conflits prolongés. Pourtant, face à l’ampleur de cette tragédie, la communauté internationale semble encore divisée. La question demeure : combien de temps l’inaction persistera-t-elle alors que des milliers d’enfants voient leurs droits bafoués ?
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net