### Aubin Minaku désigné Vice-président du PPRD : un tournant dans la restructuration de l’ancien parti présidentiel
Kinshasa a été le théâtre d’un événement politique majeur ce mardi 26 février : Aubin Minaku a été officiellement installé comme Vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Cette nomination ne passe pas inaperçue, car elle reflète une stratégie renouvelée initiée par l’ancien président Joseph Kabila, figure emblématique de ce parti. Le contexte de cette désignation, décidé lors d’une réunion à Nairobi en janvier dernier, s’inscrit dans une refonte significative des organes de ce parti créé en 2002.
### Une désignation stratégique et symbolique
Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et pilier du régime Kabila, ne cache pas ses ambitions ni sa loyauté envers son leader. “Le Chef a dit : il faut être prêt à tout,” a-t-il déclaré devant un auditoire constitué de camarades et sympathisants du parti. Ces mots, empreints de résilience, marquent la fin de l’attentisme pour un parti qui veut retrouver son élan et sa force d’antan. Une réorganisation rendue nécessaire par la défaite d’Emmanuel Ramazani Shadary lors de l’élection présidentielle de décembre 2018, ainsi que le changement de dynamique après le départ de Joseph Kabila.
Ce réaménagement tire également sa source des statuts révisés du PPRD, qui définissent désormais clairement les postes de direction. Le bureau politique, instance dédiée à l’orientation stratégique, prévoit désormais une chaîne de commandement renforcée avec un président, un vice-président et un secrétaire permanent. Aubin Minaku jouera ainsi un rôle clé de relais et de suppléance pour le président en cas de nécessité. L’objectif de cette restructuration ? Asseoir la pertinence politique du PPRD dans un paysage dominé par la gouvernance de Félix Tshisekedi.
### Une restructuration dans un climat politique sous tension
Cette nomination intervient dans un contexte national fragilisé par la recrudescence des conflits à l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, où les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda continuent leur progression. Tandis que Joseph Kabila se montre à nouveau actif sur la scène politique, le Président Félix Tshisekedi pointe du doigt son prédécesseur, l’accusant de soutenir indirectement la rébellion du M23, en connivence avec le régime de Paul Kagame.
Lors de la récente Conférence de Munich sur la Sécurité, ces accusations ont franchi une nouvelle étape. Félix Tshisekedi a déclaré : “Le vrai commanditaire de cette opposition armée, c’est mon prédécesseur, Joseph Kabila. Mais il ne l’avoue pas. Il n’assume pas ses actions.” Des paroles lourdes de conséquences dans un climat où chaque déclaration alimente les tensions entre les deux hommes.
### Vers une ligne de faille entre le passé et le présent
Le retour en scène du PPRD et de Joseph Kabila pose la question de l’avenir politique congolais. Les ambitions non voilées d’un retour au pouvoir et la dénonciation de la “gouvernance actuelle” par le camp Kabila laissent présager des échéances futures mouvementées. Dans ce contexte, la désignation d’Aubin Minaku comme vice-président apparaît non seulement comme une réhabilitation des anciens cadres, mais aussi comme une relance d’une machine politique qui, il y a quelques années encore, semblait hors jeu.
Alors que le pays fait face à des défis colossaux – de l’instabilité à l’est à une économie en besoin urgent de réforme – cette réorganisation du PPRD se positionne non seulement comme une stratégie de reconquête, mais aussi comme un catalyseur d’intenses débats sur ce que pourrait être l’avenir politique de la RDC.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd