Les agents de la Direction générale des recettes administratives, domaniales, judiciaires et de participation (DGRAD) à Goma, dans le Nord-Kivu, expriment leur frustration face au blocage de leur rétrocession. Ils revendiquent le paiement des arriérés des mois de novembre et décembre 2024 ainsi que celui de janvier dernier. Cette situation a suscité des interrogations et un certain désarroi au sein des fonctionnaires.
Selon les agents concernés, Kinshasa justifie ce retard par la présence des rebelles du M23, qui occupent une partie de Goma. Cependant, ces explications peinent à convaincre. « Pourquoi seulement Goma serait-elle pénalisée ? », questionne l’un des agents, dénonçant une iniquité dans le traitement. Il souligne que dans des régions comme Bukavu, également soumises à des contraintes sécuritaires similaires, les collègues de la DGDA, de la DGI et même de la DGDRAD ont perçu leur rétrocession.
Ce sentiment d’injustice est renforcé par les propos d’un autre agent affirmant que la présence des rebelles n’empêche pas techniquement le retrait des fonds. « Nous avons des moyens pour accéder à nos rémunérations, même si les banques restent fermées », explique-t-il, appelant les autorités à Kinshasa à une prise de responsabilité rapide.
De son côté, Godé Ikembele, président de la délégation syndicale nationale de la DGRAD, se veut rassurant. Il a déclaré suivre le dossier avec attention et demande aux agents de faire preuve de patience. Selon lui, des démarches sont en cours pour lever les blocages et permettre un retour à la normale.
Ce différend met en lumière les défis complexes auxquels font face les fonctionnaires dans les régions en proie à des conflits armés. Le cas de Goma interroge sur les mesures prises pour garantir la rémunération des travailleurs essentiels dans un contexte de crise. Les implications économiques et sociales de cette situation méritent une attention particulière des responsables de la République démocratique du Congo.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net