Ce lundi, un semblant de normalité commence à peine à poindre dans la ville de Bukavu, occupée par les forces du M23, avec la réouverture de certaines écoles. Toutefois, cette reprise est loin d’être généralisée : de nombreux élèves étaient absents, laissant les classes presque désertes. Les parents préfèrent garder leurs enfants à la maison, invoquant un manque de garanties sécuritaires. Cette instabilité suscite de vives inquiétudes quant à l’avenir scolaire dans la région.
Comme l’explique un parent, la peur de l’insécurité est omniprésente : « J’ai retenu mes enfants à la maison. J’attends les garanties sécuritaires. On n’est sûr de rien. » Cette prudence est partagée par une majorité de familles qui refusent de prendre le risque d’envoyer leurs enfants à l’école. Même les enseignants, nombreux à s’être rendus à leur poste, constatent un fort taux d’absentéisme parmi leurs élèves. « C’est depuis ce matin que nous sommes là. Cependant, je n’ai que quatre élèves sur les 43 de ma classe », rapporte un enseignant d’une école catholique.
À Nyangezi, dans le territoire de Walungu, la situation est encore plus préoccupante. Une rumeur alarmante circulait selon laquelle des hommes armés auraient enlevé une vingtaine d’élèves. Si cette information a été infirmée par le sous-proved de l’EDU-NC Walungu 2, Wemba Busuli Lebon, elle a contribué à semer la panique dans cette localité. « Nous informons l’opinion que les informations sur des enlèvements d’une vingtaine d’élèves dans une école non identifiée sont fausses. Cependant, la reprise de cours n’a pas été effective en raison des mouvements de population », a-t-il rassuré.
À Bukavu même, les autorités locales affiliées à l’AFC/M23 ont encouragé une reprise des cours dans toute la province du Sud-Kivu. Néanmoins, ce message peine à mobiliser les parents qui, paralysés par la crainte des violences, préfèrent encore attendre. Cette méfiance est révélatrice des traumatismes subis par les communautés locales, pour qui le retour à une vie normale reste un défi de taille.
Alors que la province du Sud-Kivu lutte pour retrouver une stabilité, la question de l’éducation y demeure un enjeu crucial. Les autorités pourraient-elles faire davantage pour garantir la sécurité des élèves et rétablir une confiance indispensable pour relancer les activités scolaires ? Une chose est certaine : l’avenir des jeunes générations dans cette région dépendra des mesures concrètes mises en œuvre pour surmonter ces défis.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd