Le prix d’un bidon de 25 litres d’huile de palme, un produit indispensable dans de nombreux foyers du Kongo-Central, a franchi un seuil critique à Matadi, passant brutalement de 30 000 à 60 000 francs en l’espace de quelques jours. Cette multiplication par deux met en lumière une crise insidieuse qui déstabilise à la fois le marché local et les habitudes alimentaires des habitants.
Selon Joseph Mabanga, un paysan du territoire de Tshela, cette hausse spectaculaire trouve son origine dans une raréfaction alarmante des régimes de noix de palme chez les agriculteurs locaux. Une situation que confirme l’administrateur de ce territoire, Hugo Mavambu, qui rapporte que cette pénurie découle de l’activité accrue d’une nouvelle usine de production d’huile de palme, active depuis trois mois à Tshela. Cette usine, en proposant des prix attractifs pour l’achat massif de régimes de noix de palme, a bouleversé la chaîne d’approvisionnement traditionnelle, laissant les producteurs locaux d’huile de palme dans un grand désarroi.
La célèbre “mwambe,” ingrédient phare dans les plats cuisinés dans la région, devient donc presque inaccessible pour de nombreuses familles. “Nous ne savons plus où trouver des noix de palme pour continuer nos activités,” explique un producteur désemparé. L’impact est également ressenti directement dans la vie des habitants, pour qui l’huile de palme n’est pas seulement une nécessité, mais un élément fondamental de leur culture gastronomique.
Hugo Mavambu a expliqué que l’usine en question, dans ses essais de production, accapare des régimes en grande quantité, en créant une pression inédite sur le marché local. Une situation qui, si elle n’est pas maîtrisée, pourrait aggraver une inflation déjà tendue sur les denrées alimentaires.
Que faire face à cette crise? La situation illustre un paradoxe économique récurrent dans de nombreux pays en développement : l’introduction d’un outil industriel à forte capacité risque-t-elle de nuire aux acteurs locaux? L’administration et les habitants du Kongo-Central devront conjuguer leurs efforts pour trouver des solutions équilibrées afin de remettre les producteurs locaux sur un pied d’égalité, tout en tenant compte du potentiel économique qu’apporte une telle infrastructure. Cette crise pourrait bien mettre à l’épreuve la résilience et la coopération des parties prenantes locales.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net