Le pont Embo, un ouvrage clé reliant les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Haut-Uele, s’est effondré, plongeant toute une région dans une situation critique. Cet épisode, qui persiste depuis deux semaines, met en lumière la fragilité des infrastructures au cœur de la République Démocratique du Congo. Avec une longueur de plus de 80 mètres, ce pont colonial situé dans le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, avait déjà montré ses faiblesses en 2018.
Face à l’effondrement, des pirogues ont été improvisées pour pallier l’absence de cet axe vital, facilitant tant bien que mal la traversée des hommes et des marchandises. Cependant, ces solutions de fortune peinent à répondre aux besoins croissants de la population. La pression s’accumule, avec un impact évident sur l’économie locale, notamment une hausse probable des prix des produits manufacturés. Le pont Embo est en effet un passage stratégique pour le transport des biens de première nécessité qui alimentent les provinces concernées.
Mungeni Imrani, président de la société civile de Mambasa, tire la sonnette d’alarme. De retour de mission sur les lieux, il souligne l’urgence d’une intervention gouvernementale, appelant à une prise en charge immédiate par les gouvernements des provinces de l’Ituri, du Haut-Uele et par le Gouvernement central. Malgré quelques démarches entreprises selon l’administrateur du territoire de Mambasa, celles-ci semblent avancer à pas comptés, laissant planer l’incertitude quant à la réhabilitation de ce pont d’une importance cruciale.
Le poids de cet effondrement est aussi matériel qu’économique. Sur place, le véhicule coupable de l’effondrement demeure encastré dans la rivière, avec seulement quelques marchandises légères déchargées. Comment les provinces affectées surmonteront-elles cette crise sans solution rapide ?
Au-delà des déplacements, cette infrastructure vitale reflète un défi plus large pour la RDC : celui de la modernisation et de la durabilité de son réseau de transport. Alors que le pays aspire à une croissance économique et à une meilleure connectivité entre ses régions, l’effondrement du pont Embo est un signal d’alarme sur la nécessité d’investir dans des infrastructures résilientes et adaptées aux besoins d’une population croissante.
Les interrogations persistent : combien de temps ces provinces pourront-elles encore fonctionner sans cette artère essentielle ? Quelles seront les répercussions concrètes pour les communautés locales et leurs efforts pour un retour à une vie normale ?
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net